‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 93 sur 122 · I. Examende conscience, Œ. C, \'ll, p · texte numérisé non relu

I. Examende conscience, Œ. C, \'ll, p

POLlTiaUE TIRÉE DE L EVANGILE 29 1

les creux vallons retentiront des concerts des bergers qui, le long des clairs ruisseaux, joindront leurs voix avec leurs flûtes, pendant que leurs troupeaux bondissants paîtront sur l'herbe et parmi les fleurs '. »

Fénelon a aimé le peuple des campagnes, gémi sur ses misères, désiré sa prospérité. Que ce sentiment de pitié artectueuse vienne d'une imagination pleine des souvenirs poétiques de l'antiquité qui se repaît de l'idée d'une vie pastorale et primitive, nous ne contestons pas. Fénelon s'enchantait lui-même, en opposant au vain luxe des ^ palais la frugalité (ies mœurs primitives.

Lcoutez cette miraculeuse description de la Bétique : « Ce pays semble avoir conservé les délices de l'âge d'or. Les hivers y sont tièdes et les rigoureux aquilons n'y soufflent jamais. L'ardeur de l'été y est toujours ^J tempérée par des zéphirs rafraîchissants qui viennent adoucir l'air vers le milieu du jour. Ainsi toute l'année n'est qu'un heureux h3'men du printemps et de l'automne qui semblent se donner la main. ^)

Quelle langue harmonieuse et quelle joie ! Fénelon aime les champs. Mais ces peintuies viennent aussi d'un cœur frappé par le spectacle de guerres qui avaient causé v la ruine de l'agriculture et dépeuplé les campagnes. Comme Boulainvilliers, Racine, Vauban, Fénelon ressentait vivement la misère des champs.

Cet amour pour le peuple, les désirs de bonheur pour les deshérités de la vie, les espérances vers un état de %/ choses meilleur avaient leur source dans la foi chrétienne.

Fénelon a aimé le peuple, parce qu'il a compris l'Evan-

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