I. Saint Paul, I Tim., iv
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humaine, exagèrent les conseils de l'Église et de l'Évangile. L'esprit humain, enserré dans des étroites limites, désespérant d'arriver à une perfection impossible, se retire triste et découragé. Rappelez-vous que l'âme humaine, si belle dans ses aspirations, reste attachée au corps dont elle ressent toutes les bassesses. Serait-ce d'un zélé éclairé de conseiller les mêmes pratiques de dévotion aux prêtres et aux soldats, aux enfants et aux hommes, aux pécheurs repentants et aux âmes dégagées des liens du péché ? Il faut user de patience, savoir écouter, sans s'étonner ni s'irriter, les confidences les plus pénibles et les plus fatigantes. Sans doute, tout ce qui nous touche prend des proportions inattendues. Personne n'a souffert comme celui-ci, personne n'a ressenti les tentations de celui-là. Exagération d'une sensibilité maladive ! peut-être, mais cette femme souffre et toute douleur est pitoyable : « Coups de poignards ou coups d'épingle, qu'importe, si on en meurt. » Le directeur doit à ces âmes désolées une parole de consolation, un baume bienfaisant ; elles attendent et elles espèrent un rayon d'espérance.
La direction de conscience n'est pas une invention nouvelle. Sans remonter jusqu'à Aristote et à l'ouvrage appelé communément « Morale à Nicomaque », nous rencontrons à Rome même, à l'époque impériale, une école philosophique qui apporta beaucoup de soin à la conduite de la vie. Un fin littérateur, Martha S n'a pas craint de nous faire le portrait d'un vrai directeur de conscience, en parlant de Sénèque.
I. Martha, Les moralistes sous Vempire romain^ p. 8 (Paris, Hachettte, 1886). Cf. Boissier, La Religion romaine^ 2 vol. (Paris, Hachette, 1878).