Introduction à la vie dévote^ V^ partie, ch. v
2. Sainte Thérèse, Chemin de la perfection, ch, 5 (Œuvres, par M. Bouix, 6 vol.).
IKTRODUCTÎON XVII
espérances j leurs craintes. Il sait quelles formes du mal
sont plus répandues parmi elles et quelles sont les causes deleor faiblesse. Sa connaissance ne se borne pas à des catégories : <t il appelle ses brebis par leur nom »; il connaît chacune d'elles en panîcalier. Comment pourraitil, sans cela, approprier les remèdes aux maladies? donner le lait aux enfants^ le vîn aux vieillards ?
La piété, cette inclination du cœur vers Dieu qui nous le fait aimer comme notre père, et qui suppose la mortification des sens et Tesprit d'oraison, la piété est nécessaire au directeur. Comment conduire les imcs dans des voies que nous ne connaissons pas ? Comment parler le langage de l'amour, si nous ne connaissons que celui de la crainte? Sans Tesprit de piété, on n'a pas l'intelligence des attraits, des besoins, des désirs qui tourmentent les âmes : dès lors comment les diriger? Elles languissent comme les plantes privées de rosée.
Le directeur pieux ne manquera pas de zèle pour conduire les âmes i la perfection ; il les entraînera par ses exhortations et par ses conseils ; il les aidera de ses prières ; « La piété est utile à tout : elle a les promesses de la vie future ^ ^
Le ïèle est le résultat de la piété, dui aime Dieu veut sa gloire, et la gloire de Dieu, c'est Ea perfection des âmesx Mais que ce zèle soit pur, éclairé, patient. 11 fant aimer les âmes, non pour jouir d'elles, mais pour les conduire à Dieu* L'égoïsme se retrouve partout, et tel directeur, qui s'afflige d'avoir perdu une pénitente, qui accorde des préférences à certaines personnes, n*est pas éloigné de rechercher plutôt son plaisir que le bon vouloir de Dieu. Ce zèle doit être éclairé* U peut se trouver des directeurs qui, méconnaissant les forces de Tâme