Œ. C, VIII, p
2. Cette lettre est vraisemblablement adressée à la duchesse de Beauvilliers ou à la duchesse de Chevreuse, dames du palais de la reine Marie-Thérèse. Fénelon y parle de devoirs envers la Reine. Œ. C, VIII, p. 478; - 3. Ihid., p. 604; —4. Ihid,, p. 606.
Fèmlon. — C. 13
volupté dans ces privations que Pon s'impose. Je nc: parle pas de cette volupté de la souflFrance, raffinement d'une sensibilité maladive, ignorée des âmes saines et fortes ; mais il y a celle de se sentir maître de sa machine. Il y a celle aussi de s'être mis par ces privations volontaires en état de ne plus craindre les autres. Cependant le chemin est glissant, et le directeur ne peut permettre qu'avec une extrême réser\e cette conduite personnelle.
Le chrétien n'est pas un héros. L'orgueil est proche de ces plaisirs particuliers, quand le découragement ne vient pas arrêter ces eflforts surhumains. La vie est un combat perpétuel : « Vous voudriez, dites-vous, des croix pour expier vos péchés et pour témoigner votre amour à Dieu. Contentez-vous des croix présentes; avant que d'en chercher d'autres, portez bien celles-là... n'écoutez ni vos goûts, ni vos répugnances ^.. La plus rigoureuse de toutes les pénitences est de faire, en chaque jour et en chaque heure, la volonté de Dieu plutôt que la sienne, malgré ses répugnances, ses dégoûts, ses lassitudes *. »
Quiconque arrive à connaître Dieu et à l'aimer, n'a rien à désirer, rien à regretter. Il a reçu le don suprême qui doit faire oublier tout le reste. L'âme se détache même trop delà terre; arrivée à un certain degré d'élévation vers Dieu, elle méprise facilement la vie, et c'est alors que Dieu l'y attache par l'idée du devoir. La vie est un office important, quoique bien souvent nous n'en voyions pas l'utilité. Simples