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LE SENS DE LA DÉVOTION I

gouttes d'eau, nous nous demandons en quoi locéan a besoin de nous, Tocéan pourrait nous répondre qu'il n'est composé que de gouttes d'eau. Il ne feut donc pas haïr la vie, tout en se détachant des choses de la terre.

Fénelon ne rend pas la dévotion impraticable. La perfection n'est point le privilège de l'humanité : « La duchesse de Beauvilliers n'est pas parfaite, mais personne ne l'est ^ » Le dévot tend à la perfection, mais il vit avec sa nature faible et corrompue. Ecoutons Fénelon lui-même, le 'médecin des âmes est malade lui-même : « Je suis dans une honteuse lassitude des croix. H me semble qu'il ne me reste plus ni force, ni haleine, pour respirer dans la souffrance. La croix me fait horreur et ma lâcheté m'en fait aussi. Je suis, entre ces deux horreurs, à charge à moi-même. Je frémis toujours par la crainte de quelque nouvelle occasion de souflfrance... je suis encore, à certaines heures, dans cette disposition d'amertume générale, et je sens bien que si elle était sans intervalle, je ne pourrais y résister longtemps... je suis à moi-même tout un grand diocèse, plus accablant que celui du dehors et que je ne saurais réformer, mais il faut se supporter sans se flatter, comme on doit le faire pour le prochain *. » Comme

1. Œ. C, VII, p. 227. — Cf. encore VIII, p. 537 : « Les personnes les plus parfaites ont bien des imperfeaions : nous en avons aussi de grandes. »

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