‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 111 sur 254 · Œ. C, VIII, p · texte numérisé non relu

Œ. C, VIII, p

Jésus, chaque chrétien a son jardin de Gethsémani; comme le Fils de Dieu, le fils de l'homme peut frémir devant les misères de l'homme : elles sont l'apanage de l'humanité. La douleur n'est pas un vain mot : « Ne craignez donc point. Madame, que vos infidélités passées vous rendent indigne de la miséricorde de Dieu. Rien n'est si digne de sa miséricorde qu'une grande misère. Il est venu du ciel en la terre pour les pécheurs et non pour les justes, il est venu chercher ce qui était perdu; et tout était perdu sans lui. Le médecin cherche les malades et non les sains '. » Le christianisme est toujours, comme l'a dit Gerbet : j « une grande aumône faite à une grande misère. » |

Beaucoup de chrétiens s'imaginent que le dévot doit être parfait. Désespérant d'arriver à cet état, car ils se sentent faibles et languissants, ils ajournent 1 toujours leur réforme morale ou s'abandonnent à leur nature. Fénelon ne s'étonne jamais des fautes, des imperfections, des chutes et des rechutes des hommes : « Il n'y a que l'imperfection qui s'impatiente de ce qui est imparfait; plus on a de perfection, plus on supporte patiemment et paisiblement l'imperfection d'autnii sans la flatter *. » Le Christ, le Juste par excellence, a toujours pardonné, et le plus grand crime du traître Judas fut d'avoir désespéré de la bonté de Jésus : « A Dieu ne plaise, s'écrie Fénelon, que je veuille vous engager dans ces dévotions si timides et si gênées où l'on croit que Dieu ne pardonne rien... Je ne songe qu'à vous tourner vers le

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