LE SENS DE LA DÉVOTION
pur amour, qui est toujours libre, simple et gai, courageux, marchant avec largeur et animé par la conance '... Rien que deux mots. Monsieur, pour vous «jurer de ne vous étonner point de vos faiblesses, lême de vos ingratitudes envers Dieu après tant âces reçues *. »
dévotion ne consiste pas « dans une scrupuleuse ation de petites formalités », elle consiste, pour i, dans les vertus propres de son état : « Un gra^ prince ne doit pas servir Dieu de la même qu'un solitaire ou un simple particulier '. » de plus aisé que de la cultiver : « Les aflfaires >orelles demandent des temps libres et réglés >ur une application suivie et longue » ; la dévotion ^pas besoin « de ces applications si fortes et si sui- : en un moment, on peut ramener la présence l'aimer, l'adorer, lui offrir ce que l'on fait î l'on souffre, et calmer, devant lui, toutes ons de son cœur*. »
FéH)n recommande surtout de ne pas faire de démo^rations inutiles de' ses croyances religieuses : ous jeûnez, dit le Christ, ne soyez pas tristes, ouvrez-vous de fleurs; le pieux directeur ne ue répéter les leçons évangéliques : « Ne faites l'éclatant, dit-il à Seignelay, mais aussi ne rougissez point de l'Évangile, cette mauvaise honte empêcherait que Dieu ne bénît votre retour... Le public conclura que vous revenez à la dévotion, mais,
i. Œ. C, VII, p. 206. A Seignelay. — 2. Ibid.y p. 304. Au vidame d'Amiens. — 3. Œ. C, VII, p. 235. Au duc de Bourgogne. —4. itû/., VIII, p. 595.
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qu'importe? Laissez-le dire; contentez-vous de ne rien montrer que ce qu'on ne saurait cacher. Dieu portera le fardeau pour vous, et son ange aura soin que vous ne heurtiez pas même du pied contre les pierres semées dans votre chemin ^.. Ne donnez jamais aucune démonstration inutile, mais aussi ne rougissez jamais de celui qui fera lui seul toute votre gloire*... Vivez, Monsieur, sans aucun changement extérieur, que ceux qui seront nécessaires, ou pour éviter le mal, ou pour vous précautionner contre votre faiblesse, ou pour ne pas rougir de l'Évangile '... Je ne sais pourquoi on se met dans l'esprit qu'il faut quitter ses amis pour être à Dieu *. »
Fénelon donne la main à François de Sales; la fin et le commencement du siècle se rejoignent. Dieu sait susciter ainsi des hommes qui, dans le désarroi des doctrines, montrent le devoir défiguré et par l'austère morale de Port-Royal et par les douces facilités des faux casuistes.
La dévotion a sa place sur la terre. Une république dont tous les membres s'appliqueraient à la vertu serait le vestibule du ciel. Plus de médisances, plus d'égoïsme, une vraie politesse dont le monde ne donne que les apparences.
I. Œ. C, VII, p. 204. A Seignelay. — 2. lîrid.y p. 232. Au duc de Bourgogne. — 3. Œ. C, VIII, p. 476. — 4. iW., VII, p. 216.
PRINCIPE DE LA DÉVOTION. l'aMOUR I99