I. Œ.c.,vm,p
Christ; quelque pensée tirée de TÉvangile ou de rÉpître, qui aura rapport au sacrifice, pourra vous aider à tenir votre esprit élevé à Dieu'. » La métaphysique des stoïciens enseignait déjà qu'Apollon ne tend pas toujours son arc; Fénelon conseille de se reposer même dans la piété. A l'âme, comme à la nature, il faut une détente périodique qui est la loi même de la vie et la condition de l'effort.
Fénelon permet et ordonne même les plaisirs innocents, les distractions, les jeux mêmes : « La crainte excessive de goûter du plaisir dans les choses innocentes et nécessaires, écrit-il à la comtesse de Gramont, vous fait plus de mal pour votre avancement spirituel, que ce plaisir ne pourrait vous en faire. Il est vrai qu'il ne faut jamais se flatter soi-même, surtout quand on est obligé de se punir : mais une contention perpétuelle pour repousser jusqu'au moindre sentiment involontaire de plaisir dans une vie réglée, vous cause un trouble très nuisible *. »
S'il fallait faire le portrait du dévot, d'après Fénelon, on pourrait parler ainsi. Le dévot ne vit pas à l'écart des autres hommes; il a sa place dans ce monde par ordre de Dieu et doit la tenir : « Il faut voir civilement tout le monde dans les lieux où tout le monde va, à la Cour, chez le roi, à l'armée, chez les généraux. Il faut tâcher d'acquérir une certaine politesse qui fait qu'on défère à tout le monde avec dignité. Nul air de gloire, nulle affectation, nul empressement : savoir traiter chacun selon son rang,