Schram, Théoî, myst,, § 51. CoroL 4, t. I, p
et dignes de comprendre et de pratiquer les conseik évangéliques. Aussi, rencontre-t-on dans les iMtres spirituelles des avis sur Toraison. Héritier de la doctrine mystique la plus pure, élève des auteurs ascétiques les plus autorisés, Fénelon considère l'oraison comme indispensable à la haute perfection '.
L'oraison consiste dans l'application de l'esprit à une vérité pour exciter les aflfections et les résolutions par lesquelles l'âme monte vers Dieu, lui rend ses devoirs, implore son secours et s'attache à son service. Elle comprend deux opérations, la méditation et l'oraison proprement ditie; la première appartient à l'esprit et consiste à considérer une vérité et à s'en convaincre jusqu'à émouvoir le cœur et ébranler la volonté; la seconde relève de l'activité intérieure et nous fait désirer, aimer, demander le bien proposé par l'esprit. La méditation religieuse n'est pas une application purement spéculative, une simple étude; c'est une considération qui embrase le cœur. En un mot, la méditation provoque l'amour, et comme on ne médite que pour aimer, l'amour devient le principe et le terme de la méditation *.
On ne doit faire travailler l'esprit par la méditation que dans la mesure où cela est nécessaire pour mettre le cœur en mouvement; il faut imposer silence à l'esprit dès que le cœur est échauffé pour agir. Ce résultat est plus ou moins laborieux, selon que l'âme est plus ou moins habituée à ce recueillement