I. Saint-Simon, VII, p. ii6 et suiv
Ui FAMILLE COLBERT 269
?êqae de Cambrai, que^ sans l'avoir jamais vu depuis £a disgrâce, ce prélat ne cessa d'être Time de son âme |et Tesprit de son esprit, que tout ce quHl pratiquait Jans son intérieur de conscience et dans son domeslique était réglé souverainemeat par M. de Cambrai *,
L'âme de Jonathas était collée à celle de David *.
n faut lire dans Saint-Simon quel était, en plein Versailles, l'intérieur de la maison du duc de Beauers où l'austérité chrétienne était pratiquée dans
•ute sa rigueur, sans rien ôter à la dignité extérieure et à la noblesse de la vie. M°** de Maintenon, qui succéda à la favorite M"' de Montespan, tourna les joyeux vers cette vertueuse famille. Elle allait régulièrement dîner un ou deux jours de la semaine à l'hôtel de j^Beauvilliers; d'autres fois, ordinairement le dimanche, à l'hôtel de Chevreuse. Il n'y avait qu'elle, les deux sœurs et leurs maris. Tout se passait en famille, avec la sonnette sur la table, afin de n'avoir pas de valets autour de soi et de pouvoir parler sans contrainte. C'est là, nous l'avons dit, que la demi-reine connut Fénelon et qu'elle s'attacha à lui jusqu'à en faire le dépositaire de ses plus intimes pensées.
Pendant la tourmente et la querelle du quiétisme, M. de Beauvilliers resta fidèle à son ami, au risque <le perdre sa situation. Saint-Simon, qui estimait beaucoup le duc, le pressa d'avoir moins d'attachement, au moins en apparence, pour ce qui l'exposait si fort : « Il fut inébranlable, il me répondit sans la