‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 150 sur 254 · I. Saint-Simon, I, p. 349. — 2. Ibid,, II, p · texte numérisé non relu

I. Saint-Simon, I, p. 349. — 2. Ibid,, II, p

Fénelon^ c'était une direction singulièrement forte et élevée ; cette attitude imposait le respea.

Peu de temps après son départ de la cour, l'archevêque écrivit au duc de Beauvilliers ces quelques lignes (30 novembre 1699) : <t Je suis fâché, mon bon ducj de ne vous point voir, la bonne duchesse et quelques autres amis en petit nombre. Pour le reste je suis ravi d'en être bien loin; j'en chante le cantique de délivrance, et rien ne me coûterait tant que de m'en rapprocher, J^aime beaucoup M, le duc de Bourgogne, malgré ses défauts les plus choquants. Je vous conjure de ne vous relâcher jamais dans votre amitié pour lui ; que ce soit une amitié crucifiante et de pure foi : c'est à vous de Tenfanter avec douleur, jusqu'à ce que Jésus-Christ soit formé. Supportez-le sans le flatter, avertissez-le sans le fatiguer... Dites-lui les vérités qu'on voudra que vous lui disiez, mais ditesles-lui courtement, doucement^ avec respect et tendresse.-, s'il faisait quelques grandes fautes, qu'il sente d'abord en vous un cœur ouvert comme un port dans le naufrage- »

On voit quelle confiance existait entre les deux amis*

Nous ne possédons que peu de lettres de Fénelon à Beauvilliers et encore moins du duc à l'archevêque ' ;

I . Cette correspondance doit exister quelque part ; il n'est pas possible que Fénelon ait si peu écrit à celui qui restait auprès de ce cher petit prince, le duc de Bourgogne. Les nombreuses lettres de Fénelon au duc de Chevreuse et réciproquement nous portent à croire que le duc de Beauvilliers faisait, lui aussi, parvenir à Cambrai des nouvelles de Versailles. « En donnant ici à M. de

nous le regrettons, si elles existent, elles doivent être curieuses, carie bon duc était l'ami préféré du prélat. Celles que nous avons se partagent en conseils pour le duc de Bourgogne et en avis pieux pour la conduite particulière du grand seigneur.

Nous avons vu, par les extraits de Saint-Simon, que le duc de Beauvilliers était porté à la tristesse; son air « concentré » frappait tout le monde. Le pieux directeur revient souvent sur cette disposition : « Je vous conjure de ménager votre faible santé. Il vous faut du repos d'esprit et de la gaîté, avec de l'air et de l'exercice du corps '. » Le bon duc, formé dès l'enfance à une piété angélique, que les années avaient fortifiée, ne savait pas toujours concilier le service de Dieu et l'amour divin avec les habitudes humaines , et la liberté de l'esprit ; il devenait inquiet ; ignorant sans doute que le Christ demande la seule bonne volonté : « Dieu vous conserve et vous donne un cœur large par simplicité et par abandon ; cette largeur contribuera même à votre santé *. » Savait-11 garder la juste mesure dans sa conduite avec le duc de Bourgogne ? Nous parlerons de cette délicate question dans le chapitre suivant. Accablé par cette lourde responsabilité de préparer à la France un roi et un père; laissé seul, après quelques années seulement, pour continuer l'œuvre si merveilleusement com-

Monvielle un paquet de M. le duc de Beauvilliers pour vous » : le "duc Je Chevreuse commence ainsi une lettre. Œ. C, VII, p. 288. — Les paquets secrets devaient arriver souvent.

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