I. Saint Augustin, Confessions ^ liv. VIII, ch. 11, n
298 FÉNELON DIRECTEUR DE CONSaENCE
connu et goûté le nom de Dieu, nous laisserons-nous envelopper dans cette condamnation ? »
La lettre se £nt pratique; Fénelon apprend à Seignelay à aimer Dieu, à prier. C'est le même bon sens que nous avons remarqué si souvent. Il le met en garde contre l'amour sensible : « Si Dieu vous donne ce goût pour vous faciliter les commencements de votre retour, il faut le recevoir, car il sait mieux que nous ce qu'il nous faut. Mais s'il ne vous le donne point, n'en soyez pas en peine; car le vrai et pur amour de Dieu consiste souvent dans une volonté sèche et ferme de lui sacrifier tout. » La prière doit être « simple, beaucoup du cœur, très peu de Tesprit; des réflexions simples, sensibles et courtes, des sentiments naïfs avec Dieu, sans s'exciter à beaucoup d'actes dont on n'aurait pas le goût ». Les distractions ne doivent point étonner : « Toutes les fois que votre attention se relâche, reprenez le livre et ne vous inquiétez pas; l'inquiétude sur les distractions est la distraction la plus dangereuse. » H dira même que « s'impatienter contre son impatience, c'est envenimer sa plaie ^ »
Toutes ces lettres à Seignelay sont du meilleur Fénelon; si l'on veut trouver dans certaine correspondance un peu de subtilité, ici, il n'y a rien de tout cela; c'est vrai, digne, juste. Il écarte ces dévotions « timides, exagérées, où l'on croit que Dieu ne pardonne rien ». Il demande des lectures et des prières « très courtes », car il faut ménager dans un