‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 182 sur 254 · Lanson, Histoire de la Littérature fr^ficf^i^'^ p · texte numérisé non relu

Lanson, Histoire de la Littérature fr^ficf^i^'^ p

3l8 FÉNELON DIRECTEUR DE CONSCIENCE

une parole de haine contre le roi; à maintes reprises, il proteste de son amour pour lui : a J'aime la France, et je suis attaché, comme je le dois être, au roi et à la maison royale '. » Dans une lettre au P. Le Tellier, dictée après avoir reçu l'extrême onction, au moment de paraître devant Dieu, il priait le confesseur <f de représenter au roi ses véritables sentiments », disant qu'il n'avait « jamais été un seul moment de sa vie, sans avoir, pour la personne du roi, la plus vive reconnaissance, le zèle le plus ingénu, le plus profond respea et l'attachement le plus inviolable ». Cette lettre devait partir de Cambrai, aussitôt que l'archevêque aurait fermé les yeux; elle n'était donc pas destinée à reconquérir par de basses flatteries la place qu'il avait perdue et qu'il se aoyait destinée dans les conseils du roi. On ne saurait mettre en doute la sincérité des sentiments d'un archevêque mourant.

La reconnaissance et le respect pour la personne du roi ne l'aveuglaient pas sur les abus de son gouvernement. Derrière lui, il voyait la France. Pénelon fut un patriote : « Si les ennemis, écrivait-il au duc de Chevreuse, prenaient Cambrai, je me retirerais au Quesnoi, à Landrecies et puis à Avesnes. J'irais de place en place, jusque dans la dernière de la domination du roi. Je ne prêterais aucun serment, lorsque le roi n'aurait plus aucune place dans mon diocèse... *. »

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