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fermé, trop borné à un petit nombre de gens qui vous obsèdent.,. Vous avez, plus qu*aueun autre prince, de quoi contenter le public, dans la conversation. Vous y êtes gai, obligeant, et, si j'ose dire, très aimable : vous avez Tesprit cultivé et orné pour pouvoir parler de tout, et pour vous proponionner à chacun..-

tt On dit. Monseigneur, que vous écoutez trop des personnes sans expérience, d'un génie borné, d'un caractère faible et timide... On ajoute qu'ayant par vous-même des lumières très supérieures à celles de ces gens-là, vous déférez trop à leurs conseils, qui tendent aux partis peu propres à vous faire honneur, . ,

« On dit qu'étant sérieux et renfermé^ vous perdez néanmoins du temps pour les choses les plus sérieuses, par un peu de badinage qui n'est plus de saison...

« On dit. Monseigneur, que vos délibérations ne sont pas assez secrètes : que vous prenez peu de précaution pour les cacher; ,,Je secret est Tâme des affaires,

«ï On dit. Monseigneur, que vous n'êtes pas assez bien aveni, et qu'on ne prend pas assez de soin, dans votre armée, pour savoir d'abord ce que les ennemis font...

« Pour vos défauts. Monseigneur, je remercie

fDîeu de ce qu'il vous les fait sentir, et de ce qu'il

jtûus apprend à vos dépens, par de si fortes leçons, à

'VOUS défier et à désespérer de vous-même..- Il faut

néanmoins vous dire que le public vous estime, vous

respecte, attend de grands biens de vous, et sera ravi

qu'on lui montre que vous n'avez aucun tort. Il croit seulement que vous avez une dévotion sombre, timide, scrupuleuse, et qui n'est pas assez proportionnée à votre place... Pour votre piété, si vous voulez lui faire honneur, vous ne sauriez être trop attentif à la rendre douce, simple, commode, sociable '. »

Le duc de Bourgogne, au milieu du tumulte des camps, répond avec le calme et la parfaite possession de soi-même qui marquent l'âme du sage :

« Du camp de Saulnoir, 3 octobre 1708.

« Je n'ai pu répondre plus tôt à votre grande lettre, mon cher archevêque; car j'en ai eu souvent à écrire sur des choses longues, et qui me fetiguent la tête. Je puis le faire présentement, article par article, vous disant auparavant que je suis bien moins homme de bien et moins vertueux que l'on ne me croit; ne voyant en moi que haut et bas, chutes et rechutes... attache aux créatures, à la terre, à la vie, sans avoir cet amour du Créateur au-dessus de tout, ni du prochain comme moi-même.

« n est vrai que je suis renfermé assez souvent; mais, comme je vous l'ai dit, j'écris beaucoup de certains jours. La prière, la lecture prennent aussi du temps... je ne nie pas cependant que je n'en perde souvent. Il est vrai aussi que je parle plutôt aux gens à qui je suis plus accoutumé, et que je suis trop en cela mon goût naturel.

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