‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 207 sur 254 · I. Œ. C, VU, p. i6B, 9 février · texte numérisé non relu

I. Œ. C, VU, p. i6B, 9 février

qu'il VOUS précautionne contre elles; montrez-lui toutes les plaies de votre cœur, afin qu'il les guérisse ^ »

Le vidame d'Amiens ne trouvait pas la paix. Il écrit ses tristesses, ses ennuis, ses dégoûts. Le directeur s'afflige ; mais, loin de prendre un ton aigre, toujours néfaste avec un homme découragé, il raisonne ce pauvre malade, il l'excite à se montrer viril, il remet dans ce cœur abattu un baume réconfortant : « Vous ne pouvez vous résoudre à aimer celui qui est souverainement aimable, et qui vous a aimé dès l'éternité, sans vous abandonner dans vos infidélités les plus monstrueuses. Vous ne pouvez renoncer à ce qui vous perdrait, à ce monde qui ne vous aime, ni ne vous aimera jamais, à ces amusements si indignes, que vous n'oseriez les nomnaer au rang des choses sérieuses. Voilà ce que vous n'avez point de honte de mettre en la place de votre Dieu et de tous ses biens éternels... *. »

Enfin , il lui écrit ces belles paroles : « Il faut se regarder comme un homme qui a pris son parti, qui ne s*en cache point, qui ne rougisse point de Jésus-Christ, quoi qu'il évite toute affectation, qui veut être fixé dans le bien et ne regarde plus en arrière. Il faut lire, prier, mais prier de cœur... ^. »

Le vidame reçut cette dernière lettre en avril 1709. Le soldat n'avait rien perdu de son courage militaire

Page 1