Œ. C, Vm, p. Ï
intérieur, des chrétiens prier longtemps et ne pas supporter un voisin importun, des personnes pieuses ne pas tarir en critiques prolongées des défauts d'autrui. « Portez, dit Fénelon, toutes les peines de votre état, qui est plein d'embarras et de sujétions, en esprit de pénitence; c'est là la pénitence que Dieu vous donne, bien plus sûre que celle que vous choisiriez vous-même. »
Voici un autre écueil : « Vous avez plus de besoin d'être mortifiée que de recevoir des lumières. » Ces lumières de religion, il sait bien que la comtesse les a reçues dès son enfance dans le monastère où elle a été élevée ; elle a plutôt besoin, en revenant du monde à la religion, de ne point chercher à exceller, ni à être merveilleuse dans un autre sens : « Ce que je vous souhaite le plus est la petitesse et la simplicité d'esprit. Je crains pour vous une dévotion lumineuse, haute, qui, sous prétexte d'aller au solide en lecture et en pratique, nourrisse en secret je ne sais quoi de grand et de contraire à Jésus-Christ enfant, simple et méprisé des sages du siècle. Il faut être enfent avec lui. Je le prie de tout mon cœur. Madame, de vous ôter non seulement vos défauts, mais encore ce goût de grandeur dans les vertus, et de vous rapetisser par grâce '. »
C'est à M°** de Gramont que Fénelon envoyait ce charmant portrait delà vraie piété : «La sincère vertu est simple, unie, sans empressement, sans mystère : elle ne se hausse ni se baisse : elle n'est jalouse ni de