‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 219 sur 254 · I. Saint-Simon, IV, p · texte numérisé non relu

I. Saint-Simon, IV, p

vivait dans ses terres ou à Bruxelles^ et les officiers de la cour qui venaient s'acquitter de leurs fonctions en Flandre n'osaient pas fréquenter un homme en disgrâce.

Le gouverneur de la ville j le comte de Montberon, allié à la famille des Salignac, affronta les discours de la malveillance et se mit à la disposition de Tarche^ vêque avec une générosité qui toucha le cœur du noble exilé. Très en faveur auprès du roi, M. de Montberon avait tout à craindre d'un commerce trop intime. Fénelon répondit à ce beau dévouement par les plus grands ménagements. Il se garda^ au début, de voir trop souvent le gouverneur, quoique sa femme n'eût pas tardé à prendre ses avis pour la diriger dans les voies de la perfection et pour calmer son âme agitée.

<f Nous aurons quand il vous plaira^ dit Fénélon à M""^ de Montberon, une conversation particulière sur vos exercices de piété. Je la crois à propos, puisque vous ne voyez rien qui doive l'empêcher et ce sera dans le lieu que vous choisirez. Je n'ai eu jusqu'ici que des ménagements pour vous et pour votre maison ; quand on a la peste, on craint de la donner à ceux qu'on aime ; moins ils la craignent, plus on la craint pour eux K »

Bientôt il ne fut plus question de disgrâce, ni de ménagements, et les Montberon reçurent les fréquentes visites de l'archevêque, La maîtresse du logis était une personne distinguée et d'une haute piété.

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