I. Œ. C, vm, p. 623. — 2. Ihid., p. 627-62S
3. Œ. C, VIII, p. 629 (3 mars 1701). — 4- ^w^*^ P- ^P (2 avril 1701).
L'inquiétude est la maladie de l'âme timorée : « Votre piété est un peu trop vive et trop inquiète. Ne vous défiez point de Dieu : pourvu que vous ne lui manquiez point, il ne vous manquera pas '... L'inquiétude est le seul obstacle que je crains : je ne me défie que de vous *. »
Fénelon, en présence de cette âme, fut pris d'une grande pitié, et, loin de se décourager, il commença cette longue correspondance qui dura quinze ans. D vit bien que le seul moyen était d'obtenir l'obéissance. Tous les moralistes, qui ont analysé l'état d'âme des scrupuleux, ne voient d'autre ressource que dans l'abandon total de la volonté aux ordres du directeur. Il ne peut être question de direction ordinaire. Une conscience scrupuleuse est un cas pathologique, et les médecins ne craignent pas de dire que le remède énergique est dans l'abdication de la volonté propre. Quoi qu'on puisse dire, il n'y a rien de contraire à la nature ; quel malade, peu confiant dans la potion du médecin, ne l'a pas prise par pure obéissance! Une personne, qui se sent incapable de conduire sa vie, peut, sans nul doute, se confier à un ami^ comme le voyageur se livre, docile, au matelot qui conduit la barque.
Les détracteurs de la direction de conscience n'ont pas songé à prendre des exemples en dehors des per* sonnes timorées, de qui le directeur exigeait plus ou moins l'abandon de la volonté. Fénelon a dirigé M"** de Montberon, la seule femme à qui il ait