LA SŒUR CHARLOTTE DE SAINT-CYPRIEN
ravant, il les met en garde contre les excès d'un esprit prêt aux plus durs sacrifices. Il faut tout souffrir pour celui qui a tant souffert pour nous^ se dit intérieurement la religieuscj et aussitôt elle recherche^ elle demande les plus rigoureuses austérités. Erreur. « La mortification de la chair ne produit pas la mort de la volonté. Si la volonté était morte, elle serait indifférente dans la main du supérieur et également souple en tout sens. Aussi plus on a d'attachement à ces mortifications extérieures, moins le fond de Tâme est réellement mortifié. Si Dieu avait des desseins d'attirer une âme à des austérités extraordinaires, ce serait toujours par la voie du renoncement total à sa pensée et à sa volonté propre ^ »
Seule et silencieuse devant son Dieu, la femme, retirée du monde et qui garde son Christ dans une union intime, croit souvent être l'objet de grâces spéciales, de dons extraordinaires; Tamour est réciproque, et elle aime tant Jésus que les familiarités de celui-ci sont la récompense des ardeurs de celle-là.
Quelquefois ces mutuelles communications existent et elles enchantent T^me jusqu'à T ivresse; mais souvent, très souvent, ce n'est qu'illusion pure.
K Pour tous les dons extraordinaires, il me semble qu'il j a deux règles importantes à observer, faute desquelles les plus grands dons de Dieu même se tournent en illusion. La première de ces règles est de croire qu'un état de pure et nue foi est plus parfait