LA SŒUR CHARLOTTE DE SAOTT-CYPRIEN
de la spiritualité^ dans une lettre, restée fameuse, à la Sœur Charlotte de Saint-Cyprieïi, religieuse carmélite. Cette lettre est d'autant plus précieuse qu'elle fut hautement approuvée par Bossuet, un an après les conférences d'Issy, dans un temps où il n'était nullement disposé à louer un écrit tant soit peu favorable aux illusions du quiétisme. La Sœur Charlotte de Saint-Cyprien, connue dans le monde sous le nom de Guichard de Perny, était la nièce du marquis de Dangeau. Née dans la religion réformée, elle embrassa le catholicisme après les exhortations et les instructions de Bossuet et de Fénelon. Elle continua ses relations avec ce dernier, même après son entrée dans le cloître ; longtemps après, en 1732, elle écrivait au marquis de Fénelon les sentiments de vénération et de reconnaissance qu'elle conservait pour l'illustre archevêque.
La lettre « sur l'oraison de contemplation et sur les diflFérents états de la perfection chrétienne ' » est une réponse à la Sœur Charlotte de Saint-Cyprien ; c'est un écrit dogmatique, et l'on peut voir que Fénelon tenait peu à ses idées (on a toujours dit le contraire), et que sa parole était dans la tradition des auteurs spirituels : « Vous pouvez facilement, ma chère Sœur, consulter des personnes plus éclairées que moi sur les voies de Dieu, et je vous conjure même de ne suivre mes pensées qu'autant qu'elles seront conformes aux sentiments de ceux qui ont reçu de la Providence l'autorité sur vous. » Puis il