‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 239 sur 254 · I. GefFroy, op. c, I, p · texte numérisé non relu

I. GefFroy, op. c, I, p

sa volonté ! Il faut se rappeler la conduite de Fénelon â la cour, sa dignité, sa condescendance jusqu'aux dernières limites du devoir, sa piété, son zèle pour rÉgîise, sa haine de toute flatterie. Il ne fut pas courtisan; dans le cas présent, les historiens voudraient lui donner un rôle vil, bas, inhumain. Voyons en résumé ce qui se passa.

M™* de Maintenon ne dit pas que la chanoinesse n'avait pas de vocation; qu'en pouvait-elle savoir? Dans le petit mot à Tabbé Gobelin, elle se prend à regretter de n'avoir pas M"'^ de La Maisonfon à Saint- Cyr. Le désir est légitime, mais là s'arrête les conclusions qu'on peut tirer de ce petit billet.

M"^ Guyon parlait souvent de Tabbé de Fénelon à sa cousine, celle^ désira vivement de le connaître* L'entrevue eut lieu à Versailles, dans l'appartement de la duchesse de Béthune ^ La chanoiaesse fut charmée* Son esprit brillant, actif et haut, très indépendant, goûta la dévotion subUme du pieux abbé; celuici voyant une âme si belle l'initia à cette piété intime, dont l'amour et la paix sont tout le secret. L'on voit dans la correspondance de cette époque qu'elle s'exerçait à la docihté. Fénelon lui reproche de songer trop à soi dans la recherche de la perfectionj de vouloir en quelque sorte forcer les grâces divines, au heu de les attendre*

Les historiens nous rapportent qu'elle désira interroger l'abbé de Fénelon sur sa vocation- Elle n'est

j . Dont le frère, le comte de Vauit, vicomte de Melua, dpoasa h fille de M^e Guyon,

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donc pas très sûre d'elle-même, elle hésite donc sur la route à suivre, puisqu'elle consulte quelqu'un pour Téclairer. Jusqu'ici il n'y a rien d'anormal. Le conseiller devait répondre que M°* de La Maisonfort n'avait pas la vocation religieuse, c'est ce que semblent indiquer ceux qui critiquent, que dis-je, qui blâment ouvertement la décision de Fénelon, qui indiquait le cloître comme la voie de la chanoinesse. On vante la direction de Fénelon, quand il dit que la vie religieuse ne convient pas à tous ceux qui la désirent. On cite volontiers ces précieux conseils à une jeune fille qui désirait entrer au couvent : « Nul couvent ne vous convient; tous vous gêneraient, et vous mettraient sans cesse en tentation très dangereuse contre votre attrait; la gêne causerait le trouble. Demeurez libre dans la solitude et occupez-vous en toute simplicité entre Dieu et vous '. » Mais que le même Fénelon dise à M"^ de La Maisonfort qui le consulte, qu'elle est appelée à la vie religieuse, on se révolte, n est curieux de voir le public dicter à un juge sa sentence. Je suis dans l'inquiétude, je vais trouver un juge, je lui dis mes hésitations, et je pars soumis et tranquillisé. Pourquoi critiquer le jugement que je cherchais librement ?

M°* de La Maisonfort répondit à M°** de Maintenon, qui lui parlait un jour de sa vocation, qu'elle s'en rapporterait à la décision des directeurs de Saint- Cyr. Le ii décembre 1690, M"* de Maintenon assembla à Saint-Cyr l'évêque de Chartres, les abbés

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