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FÊNELON ET BOSSUET 433
fort : a Aimez les petites observances comme les grandes, c'est-à-dire, les cheveux et jusqu'aux souliers de Fépoux et les franges comme les habits ' . »
Pour ce qui e.st de la hardiesse des tours que reproduit Bossuet, on dirait une gageure, quand on lit ces lignes : c< Les caresses intérieures que l'âme fait alors à Té poux céleste lui sont d'autant pkis agréables qu'elles sont plus libres et plus pleines de confiance. Mais il faut s'en tenir là^ et Tépanchement où Ton se sent porté envers les personnes qu'on sait et qu'on croit lui être unies, a quelque chose de délicat et même de dangereux. Ne voyez-vous pas que la chaste et fidèle épouse, en rencontrant ses compagnes, et celles qui sont disposées à chercher Tépoux avec elle, sans leur faire aucune caresse, leur donne seulement la commission d'annoncer à son bien-aimé ses transports et l'excès de son amour ^ ? Cela veut dire qu'on peut quelquefois épancher son cœur, en confessatît combien on est prise et éprise du céleste époux ; mais qu'il ne faut pas aller plus loin ; et quand l'époux sollicite sa fidèle épouse à chanter pour ses amis, elle lui dit : <^ Fuyez, mon bien-aimé ' ; ce n'est point à vos amis que je veux plaire; je ne me soucie pas même de les voir ni de leur parler; fuyez, fuyez en un lieu où Je sois seule avec vous +. ^
En 1692, tandis que M"^ Guyon parlait encore à Saint-Cyr, M""" Cornuau voulut avoir quelques idées
[» Bossuet, Œmfres C, Vlïl, 656.