‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 45 sur 254 · PORTRAIT DE FÉNELON · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE FÉNELON

de l'évêque ravit et touche quiconque écoute, attentif et muet, le sublime de cette grande àme.

Fénelon eut le cœur haut et grand, il a aimé tout ce qui est aimable, le beau, le bien, le vrai. Honune, il aima les hommes, et le charme de son existence fut l'amitié. Ce sentiment orne la vie de ceux qui réprouvent, mais ne se procure pas qui veut cet ornement. Fénelon se lia de bonne heure avec des gens de coeur et de vertu, les ducs de Chevreuse et de Beauvilliers, les abbés de Langeron, de Beaumont et de Chantérac; ces chaudes amitiés de jeunesse restèrent, pour Tévêque vieilli, comme le souvenir d'une matinée de printemps. Il n'ignorait pas que tout plaisir est incomplet ici-bas, que toute joie est mêlée de larmes, il savait qu'il « en coûte beaucoup d'être sensible à l'amitié, mais ceux qui ont cette sensibilité seraient honteux de ne l'avoir pas, ils aiment mieux souffrir que d'être insensibles ' ». Le cœur a besoin d'amour. Aussi croyons-nous à la douleur de Fénelon, quand il perd ses amis; car les affections peuvent se succéder dans la vie, elles ne se remplacent pas : « J'ai perdu la plus grande douceur de ma vie, écrit-il au vidame d'Amiens, après la mort de l'abbé de Langeron, et le principal secours que Dieu m'avait donné pour le service de TÉglise; jugez, mon chef Monsieur, de ma douleur. Rien n'était plus vrai et plus aimable que la vertu du défunt. Rien ne montre plus de grâce que sa

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