‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 62 sur 254 · Particulièrement au livre V · texte numérisé non relu

Particulièrement au livre V

2. Saint François de Sales, Amour de Dieu, liv. DC, ch. 3, 4-

DOCTRINE lïj

milieu des tentations que Dieu proportionne toujours aus forces de Tâme, Pour conduire Tâme agitée parmi ces épreuves^ les auteurs mystiques font remarquer que notre âme peut éprouver à la fois plusieurs affections diflférentes et même opposées; qu'elle peut être agitée dans l'imagination par les plus violentes tentations, sans que la volonté y prenne part et même avec une ferme résolution de demeurer fidèle à Dieu. Dès lors, les plus aflfreuses tentations ne sauraient nous rendre coupables devant Dieu, pourvu qu'elles nous déplaisent véritablement et que la volonté n'y donne pas de consentement '. Tel est le fondement de la distinction si connue entre la partie supérieure et la partie inférieure de Tâme, dont la première peut conserver la paix, la confiance et Tamour de Dieu le plus parfait, tandis que la seconde est en proie au trouble, au découragement et aux sentiments les plus contraires à la loi de Dieu. Bossuet et Fénelon se sont expliqués sur cette question dans de multiples circonstances; en signant le trente et unième article d'Issy ^, ils consacraient définitivement la doctrine des auteurs spirituels.

1. Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, 4e partie, ch. 3 et suivants.

2. « Pour les âmes que Dieu tient dans les épreuves, Job, qui en est le modèle, leur apprend à profiter du rayon qui revient par intervalles pour produire les actes les plus excellents de foî, d'espérance et d'amour. Les spirituels leur enseignent à les trouver dans la dme et plus haute partie de l'esprit. Il ne faut donc pas leur permettre d'acquiescer à leur désespoir et damnation apparente, mais, avec saint François de Sales, les assurer que Dieu ne les abandonnera pas. »

Fénelon, — C. 8

Les conférenciers d'Issy, pour montrer jusqu'où va quelquefois la pureté de l'amour dans les dernières épreuves, ajoutèrent dans le trente-troisième article, qu'on peut alors permettre à certaines âmes de porter le renoncement à elles-mêmes, et l'abandon à la volonté de Dieu, jusqu'au sacrifice conditionnel du salut \

Le nom de Quiétiste, très honorable dans l'origine *, servait à désigner des hommes séparés du monde et livrés au repos de la vie contemplative; devenu odieux par l'abus qu'on en a fait, ce nom est réservé à « ceux qui, sous prétexte de contemplation et d'union à Dieu, se livrent à une honteuse inaction ou, du moins, cessent de produire certains actes commandés de Dieu et essentiels à la véritable piété ».

Le quiétisme est une erreur plus ancienne que le christianisme. Les Védas exposent les maximes du plus dangereux quiétisme; tel ouvrage, ïOupnek'hat^ compilation en langue persane de ces livres sacrés, renferme des passages que Molinos semble avoir copiés, tant le rapport est frappant.

La philosophie néo-platonicienne renouvela la même doctrine, reproduite sous des formes abstraites.

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