Bossuet, Etati tTOraison^ livre I, n
Il6 FÉNELON DIRECTEUR DE CONSCIENCE
sont dispensés de tous les actes explicites distingués de la charité, de toute réflexion sur eux-mêmes \
y) Les vrais mystiques enseignent que la plus parfaite contemplation est celle qui regarde la nature divine selon les notions les plus générales et les plus abstraites, comme celles d'être, de vérité, parce que ces idées représentent mieux la perfection de l'Etre <iivin et excitent davantage l'admiration de l'âme contemplative. Ils reconnaissent, toutefois, que tout objet de la foi peut être l'objet de la contemplation. Les faux mystiques semblent ne reconnaître de vraie contemplation que celle qui s'attache à Dieu seul ; ils prétendent même que cette connaissance générale et indistincte de Dieu est la seule et perpétuelle action du parfait contemplatif ^.
8) Dans le langage des vrais mystiques, la sainte indifférence des parfaits et leur entier abandon au bon plaisir de Dieu, au milieu même des plus grandes épreuves, consistent à ne rien désirer que pour la gloire de Dieu et par conformité à sa volonté sainte. Les faux mystiques excluent tout désir du salut et toute coopération de l'âme aux inspirations de la grâce K L'amour de Dieu peut embraser une âme au point de l'empêcher de penser à ses propres intérêts : mais exclure positivement le désir et la demande du salut éternel, c'est désobéir au précepte
1. Bossuet, États d'Oraison, livre II, n. i, 6. — Livre m, n, I et suiv, — Livre V, n. 2, $, 8, 11.