‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 65 sur 254 · Ibid., livre IV, n. 3. — Livre X, n · texte numérisé non relu

Ibid., livre IV, n. 3. — Livre X, n

U DOCTRINE ÏÎ7

P'fvËI 4^1 oblige les plus parfaits aussi bien que les ► CQiîifneTiçants à espérer, à désirer le saîut.

£) Les vrais mystiques enseignent que la partie supérieure de l'âme est séparée de la partie inférieure dans les épreuves de la vie ; cependant, il reste icibas assez de liaison entre les deux parties pour que la supérieure soit obligée de régler l'inférieure et d'en réprimer les mouvements désordonnés. Les faux mystiques, au moins certains d'entre eux, à la suite des Gnostiques, ont prétendu que la séparation des deux parties dans les âmes parfaites est absolue : ce qui se passe d'irrégulier dans la partie inférieure ne peut être imputé à la supérieure.

Ces explications nous aideront à comprendre la doarine de Fénelon.

Nous ne ferons pas l'histoire du quiétisme avant Molinos ; qu'il nous suflSse de rappeler la condamnation des Béguards, héritiers des Gnostiques, au concile de Vienne. Quelques propositions montreront la doctrine funeste et impie qui se cachait sous les dehors d'une piété extraordinaire :

L'homme peut acquérir, dès cette vie, un tel degré de perfection, qu'il devienne impeccable et ne puisse plus profiter en grâce.

Dans l'état de perfection, on ne doit plus jeûner ni prier. Dans ce même état, on est affranchi des lois ecclésiastiques, des lois humaines et même des commandements de Dieu. L'exercice des vertus n'est que pour l'homme imparfait ; l'âme parfaite en est exempte.

Molinos était un saint prêtre espagnol qui, loin

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de scandaliser les prélats romains, était pour eux un objet de vénération. Sa vie exemplaire, ses mœurs pures^ sa pitté surhumaine^ lui avaient conquis Tadmiration de tous ses contemporains et du Pape luimême. Innocent XI. Ce serait une preuve que les ouvrages des hommes sont quelquefois plus mauvais que les hommes eux-mêmes, et que les plus pieux chrétiens peuvent, sans le vouloir, en vertu de théories les plus innocentes, par la seule force des conclusions syllogistiques, renverser Tédifice élevé par le Christ et confié à la garde de Pierre.

La doctrine de Molinos peut se résumer en quelques propositions :

La perfection de l'homme consiste, même dans cette vie, dans un acte continuel de contemplation et d'amour ; cet acte, une fois produit, subsiste toujours pourvu qu'il ne soit pas expressément révoqué.

L'àme ne doit plus réfléchir, ni sur Dieu, ni sur elle-même-, ni sur aucune autre chose ; elle doit anéantir ses puissances, pour s'abandonner à Dieu totalement et demeurer devant lui comme un corps sans âme.

L^âme ne doit plus avoir aucun désir des vertus, ni de sa propre sanctification, ni même de son salut, dont elle doit perdre l'espérance.

Dans cet état^ la pratique de la confession et de toutes les bonnes œuvres extérieures est inutile et même nuisible, parce qu'elle détourne l'âme du parfait repos de la contemplation. Dans l'oraison parfaite^ il faut demeurer en quiétudCy dans un entier oubli de toute pensée particulière, même des attri-

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buts de Dieu, de la Trinité, des mystères de Jésus- Christ. Le libre arbitre étant une fois remis à Dieu, ivec le soin et la connaissance de notre ime, il ne faut plus avoir aucune peine des tentations^ ni se soucier d*y faire aucune résistance positive.

Ce quiétisme grossier, condamné par Innocent XI, reparut avec M™*" Guyon, plus délicat et plus spirituel. Cette femme, qui parlait, dit le P. d'Avrigny, mieux que personne des choses de Dieu, eut toujours des intentions très pures, contrairement aux calomnies atroces par lesquelles on a tâché de la flétrir. La protestation qu'on lit à la tête de son testament est d'une âme calme, digne, éloquente '. L'Église, gardienne vigilante de la foi, est le juge des doctrines mêmes inconscientes ; elle condamna ce nouveau quiétisme. On peut le résumer ainsi : La perfection de l'homme, même dès cette vie, consiste dans un acte continuel de contemplation qui, une fois produit, subsiste toujours, à moins qu'on ne le révoque expressément.

Une âme, arrivée à cette perfection, n'est plus obligée aux actes explicites distingués de la dharité ; elle doit supprimer tous les actes de sa propre industrie, comme contraires au parfait repos en Dieu *.

L'âme doit être indifférente à toutes choses pour le corps et pour l'âme K

L'âme doit rejeter, dans l'état de contemplation

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