I. Cassîen^ Coll. 9, cap
ia contemplation active et pour exprimer U parfaite docilité de Tâme à Tégard de Dieu.
La contemplation passive n'a pas pour unique objet l'idée purement intellectuelle de la Divinité : dans certains moments, Tâme peiït s*élever au-dessus de tout ce qui est sensible et s'arrêter à cette idée abstraite ; mais l'expérience et la doctrine des plus grands saints prouvent que la contemplation h plus passive peut avoir pour objet les attributs de Dieu et les mystères de Jésus-Christ.
Une âme peut quitter la méditation pour passer à h contemplation, quand la méditation ne lui fournit plus k même nourriture qu'auparavant; quand elle ne trouve de facilité que dans k présence simple et amoureuse de Dieu, quand elle n'a de goût que pour le recueillement. Une âme, toutefois, doit rêveoir à la méditation, si son directeur le juge à propos, pour réprouver, et si son attrait pour la contemplation vient à cesser.
Ils erraient ces faux mystiques, quand ils soutenaient que Toraison perpétuelle des parfaits consiste dans un acte continuel de contemplation et dkmour; ils confondaient cette contemplation pure et directe, prise dans ses actes les plus parfaits, avec Toraison perpétuelle que le Christ nous recommande, quand il veut que notre oraison soit sans interruption. (Saint Luc, xviu, i.) Cette oraison n'est que Tétât habituel d'une âme qui fait toutes ses actions délibérées pour ramour de Dieu» (ICorint,, x, 31,)
P) L'état de la plus haute perfection, la vie unitive, n'est que l'état habituel de ce pur amour \
Nous connaissons les trois états des justes sur la terre : celui des esclaves, celui des mercenaires^ ceki des enfants. Fénelon remarque que l'amour de Dieu est dominant dans chacun de ces états, puisque Tâme est dans l'amitié de Dieuj dans le premier, Tamour est mélangé d'un reste de crainte; dans le second, d'un reste de propriété ; le désintéressement parfeii ne se trouve que dans le troisième état.
L'illustre archevêque regardait cette distinction comme très importante, et, dans la pratique, condui- I sait les âmes selon leurs forces, ne décourageant jamais les faibles en exigeant une haute perfection, . Connaissant l'humanité, il savait que peu d'âmes \ parviennent ici-bas au pur amour»
Les caractères de l'état passif sont le dêsinlérisstmefii et ses conséquences, la sainte indifférence et la pasiiveti.
Le désintéressement des justes de Pétat passif est opposé à h propriété des justes de la seconde classe ^ Il y a deux sortes de propriété. La première est Torgueil, un amour naturel de notre propre excellence^ sans aucune subordination à notre fin essentielle, qui ^st la gloire de Dieu. La seconde est un amour natu-
1. Explication des Maximes ^ art. z, J, 44. — Inst. PasU^ n. 1, 25 et suiv. — Rép, à la Déch^ n. 41^ 42, 43.
2. Explication des Maximes y arc. 4, iz, 16. ^ — Imî. Past.^ n. 3» 5, 6, 7, 24, etc. — Rép, à la DécL, n, iz, 13, 14, 15, zy, 26, 46, 61. — Rép, auSummaDoctr,, n. 8, iij lî, H— Troisi^m Lettre à M, de Paris ^ § 2. — Seconde Lettre à M, de Chartres, a. 2.
ret de notre propre excellence, avec subordination à notre fin essentielle qui est la gloire de Dieu.
Uâme veut bien les venus, principalement pour h gloire de Dieu, mais en même temps par un amour naturel de sa propre excellence et de son bien particulier Ces vertus sont moins parfaites que celles qui sont exercées par le motif surnaturel de la plus grande gloire de Dieu, sans aucun mélange de motif de Vint&it propre ou de Vamour naturel de nous-mêmes. Ce motif d'j«f^r/if propre tst ce que les mystiques appellent propriété et les anciens mcrcmartîé. Le désintéressement des parfaits n*est donc que l'exclu s ion de Vîntirit propre dans la pratique des vertus : ce n'est pas la cessation de Tespérance. Les plus parfaits doivent dcstrer leur salut, mais seulement par le motif surnaturel de la volonté et de la plus grande gloire de DieUj tandis que les justes tmrcmairts le désirent par le motif surnaturel et principal de la plus grande gloire de Dim, et par le motif naturel et secondaire de leur intérêt propre, Uâme désintéressée s*aime, mais seulement d'un amour surnaturel ; elle ne souhaite son bonheur que par pure conformité à la volonté de Dieu.
Saint François de Sales distingue la résignation et l'indifférence. Cette division répond à celle de la mercenarité et du désintéressement ^
L'âme résignée a des désirs propres, mais soumis * ;
1. Expîic, des Maximes, art. 5, 6, 8, 18. — Inst. Past,, n. 11, 12. ~ Rép, à la Décl.y n. 18, 19, 20. — Rép. au Summa Doct., n.13.