Amour de Dieu, liv. IX, ch
Finehn, — C. 9
130 FÉNELON DIRECTEUR DE CONSClEKCE
elle veut plusieurs choses par le motif de son intMi proprCy en subordonnant ses désirs à la volonté de 1 Dieu.
^indifférence est au-dessus de la résignation^ ar Tâme n'aime rien, sinon pour la volonté de Dieu; elle ne veut rien par le motif de Tamour naturel d'elle-même ; si elle aime plusieurs choses hors de Dieu, c'est parce que Dieu veut qu'elle les aime; l'indiiférence, c'est le désintéressement de rameur. C'est en ce sens que l'évêque de Genève a dit que « s'il savait que sa damnation fût un peu plus agréable à Dieu que sa salvation, il quitterait sa salvation ce courrait à sa damnation ' ».
L'état d'indifférence n'exclut pas les désirs et Ifc demandes désintéressées des biens spirituels et mcn.i des biens temporels, qui sont des moyens pour opérer notre salut ; il n'admet pas non plus le renoncement absolu au bonheur éternel dans les dernières épreuves de la vie intérieure ; l'abandon ne peut pas aller au delà du sacrifice conduionml du salut ou du sacrifice absolu de l'amour naturel de soi-même.
La passiveté^ est une entière dépendance de la grâce et une fidélité parfaite à toutes ses impressions; l'âme est alors exempte de cette activité^ par laquelle on voudrait prévenir la grâce ou y coopérer par des actes plus sensibles qu'elle ne demande de nous. C'est en ce sens que l'excitation doit être retranchée