Amour de Dieu, liv. IX, ch
2. Explic, des Maximes, art. 7, 11, 15, 19, 20, 31-43.—/»^ PasL, n. 13, 14, 17. — Rép. à la Déclaratûm, n. 28, 29, 35, 3^> 37» 39- —kép. au Surnma Doct,, n, 15, et addition de la fin.
DCXTRIKE 13 1
iç letat passif; car s'il s*agit d'une coopération pleine et entière à la grâce, Texcitation se trouve encore plus dans cet état que dans le degré inférieur. Cette coopératiouj pour être paisible et désintéressée, n'en est que plus réelle et plus efficace. Les âmes parfaites combattent vigoureusement et paisiblement coDtre le péché, parce que Tesprit du Seigneur est dans la paix; elles résistent en présence de Dieu qui les soutient.
L'état passif, en résumé, n*est passif que comme b contemplation passive^ c'est-à-dire qu'il exclut Don les actes paisibles et désintéressés, mais seulement l'activité. Il n^exclut ni Texercicc distinct des vertus, ni les pratiques de piété, recommandées par les saints, telles que la prière vocale, la lecture spirituelle, la confession,
y) Le but d^ épreuves de la vie intérieure est rentière purification de Tamour.
Dans Y état passifs Tamour étant déjà purifié en grande partie par les épreuves des états précédents, les épreuves ont un caractère particulier qui les rend plus terribles à la nature et qui donne lieu à de plus pénibles sacrifices.
Dans les dernières épreuves, la séparation se fait entre la partie supérieure et la partie inférieure de Fâme*. Les sens et l'imagination n'ont aucune part à la paix et aux communications de grâce que Dieu fait à l'entendement et à la volonté. Jésus-Christ a
ï* ExpL des Maximes, art. 8, 9, 14, 17. — Inst. Pasi., n. 15, 'Rèp.àhDécL^n, 48,49.
été bienheureux sur la croix : il jouissait, dans la partie supérieure, de la gloire céleste, pendant qu*il était actuellement, par rinférieure, T homme de douleur, avec une impression sensible du délaissement de son Père.
La séparation des deux parties a lieu dans les épreuves communes : Ton voit souvent des âmes jouir d'une grande paixj alors que rimagination et les sens sont troublés par de terribles tentations. Dans les épreuves de Vétat passif, le trouble des sens et de l'imagination est plus grande Tâme^ attirée aux actes directSy ne peut pas exercer les vertus par des actes discursifs, qui pourraient consoler k partie inférieure.
Dans toutes ces épreuves, Tâme peut et doit résister aux mouvements de la partie inférieure, à moios qu'elle n'en soit actuellement empêchée par Yêtât extraordinaire de possession ou d'obsessioUj qu'il faut supposer le moins souvent possible. Elle conserve le pouvoir d'accomplir les préceptes : elle ne perd ni la grâce prévenante, ni la haine du péché, ni la foi, ni l'espérance explicite; elle ne perd que le goût sensible du bien, les actes discursifs et empressés; mais elle conserve réellement Tesercice de toutes les vertus distinctes dans les cultes directs 1 ce que saint François de Sales appelle la pointe à V esprit ou la cime de rame. Ce temps est très court et admet quelques intervalles paisibles.
Dans ces dernières épreuves, l'âme semble faire le
DOCTRINE IJJ
sacrifice de sa béatitude éternelle ^ L'âme s*imagine qu*eUe est justement réprouvée de Dieu*
Dans les épreuves ordinaires, l'âme Êiit à Dieu le sacrifice conditionnel de sa béatitude étemelle, en tant que cette béatitude est un bien créé, sans renoncer à rameur divin. Saint Paul, Moïse, d'autres saints, même en dehors des épreuves, ont fait cet acte d'amour : O mon Dieu, je souffrirais h privation de la gloire éternelle, si, par impossible, vous étiez plus glorifié en me tenant dans une éternelle souffrance.
Dans les extrêmes épreuves, les saints, la bienheureuse Angèle de Folignij saint François de Sales, ont parlé en des termes absolus. Le sacrifice ne tombe pas direaement sur la béatitude éternelle, mais sur cette imperfection que les auteurs mystiques nomment propriété.
Bossuet et Fénelon s'accordaient à conseiller aux âmes peinées et vraiment humbles, le sacrifice conditionnel de leur béatitude, même étemelle, en tant qu'elle est un bien créé, pourvu que ce sacrifice ne renfermât point le renoncement à la grâce et à l'amour divin.
Fénelon croyait que Dieu inspire quelquefois un sacrifice, encore plus parfait, qui a pour objet, non le salut éternel, mais les consolations sensibles que Tamour naturel de nous-mêmes nous porte à y chercher. Après avoir parlé des souhaits de saint Paul et
1. Expîic. des Maximes y art. lo. -— Inst, Past,, n. lO. — Rép^ à la DécL, n. 21, 22, 23, 47 et 62.
de Moïse, Fénelon ajoute : « ... Il y a le cas unique des plus extrêmes épreuves, où Ton ne parle plus dans les termes conditionnels, mais dans une forme absolue. On ne dit plus : je voudrais^ mais on dit : je veux.
Bossuet a rappelé Texclamation de Tévêque de Genève : « O mon Dieu, puisque je dois être privé pour jamais, en l'autre vie, de voir et d'aimer un Dieu si digne d'être aimé, je veux au moins faire tout mon possible pour vous aimer sur la terre, de toutes les forces de mon âme ^ » — « ... Dans le cas où les termes ont une forme absolue, le sacrifia ne tombe plus sur la béatitude, même créée, il ne tombe que sur le seul intérêt propre pour F éternité.,. y c'est-à-dire, sur le contentement de cet amour naturel de nous-^meSy dans lequel consiste la propriété des âmes qui sont encore mercenaires *... »
La différence entre les deux espèces de sacrifices consiste en ce que le sacrifice conditionnel seul a pour objet direct la béatitude éternelle, sacrifiée conditionnellement; tandis que le sacrifice absolu a pour éjet direct l'intérêt propre, sacrifié absolument, et, pour objet indirecty la béatitude éternelle, sacrifiée conditionnellement.
Fénelon n'a jamais dit autre chose, conformément au vingt-troisième article d'Issy, qu'il invoque si souvent.
Bossuet a constamment rejeté ce sacrifice absolu;