I. Luc^ IX
l'ame dirigée par fènelon 151
les opérations merveilleuses du vrai mysticisme sont rares et il hésite : « Ne faites aucune attention volontaire à ce que vous me mandez avoir éprouvé. De telles choses peuvent n*être que dans rimagination; elles peuvent venir aussi d une illusion du tentateur qui voudrait vous tendre un piège, tantôt de vaine complaisance, tantôt de découragement-.. Il n*y a qu'à les laisser passer sans les rejeter ni accepter ^ » Voici la règle de conduite qu'il suivait; elle ne favorise pas Tillusion : te L*amour-propre se flatte aisément d'être dans les états qu'on a admirés dans les livres... Rien ne pique tant ramour-proprej et ne découvre mieux Tillusionj qu'une direction simple, qui compte pour rien ces merveilles et qui assujétit la personne en qui elles sont, à faire comme si elle ne les avait pas ^,.. Quelque excellence qu'il puisse y avoir dans ces dons, le détachement de ces dons est encore plus excellent qu'eux '. »
Il connaît les excès des néophytes, leurs projets superbes, leur enthousiasme trop éclatant ; « Défiez-* vous, dit-il, de vos goûts pour le service, et en même temps de vos dégoûts pour le monde. Ne comptez pour rien aussi vos goûts pour une retraite belle en idée +, . . La solitude vous est utile jusqu'à un certain point; elle vous convient mieux qu'une règle de communauté qui gênerait votre attrait de grâce; mais vous pourriez facilement vous mécompter sur votre goût de retraite K y>