Œ. C, Vm, p. s$3. — 2. Ibid,, p
L'âme dévote chante le cantique de l'amour :
Mon Père, que votre volonté soit Élite et non la mienne; c'est le terme de la perfection. Pour l'atteindre, il faut une énergie toujours en éveil. La vie du chrétien est un combat perpétuel. L'amour propre peut dormir, il ne meurt jamais.
On pourra trouver cet idéal de piété peu élevé. Pourquoi tant d'efforts et si opiniâtres pour un résultat en apparence si chétif ? Nous nous rappelons les vertus extraordinaires des saints. Sans sortir même du XVII* siècle, tout près de Versailles, à quelques lieues de Paris, les religieuses de Port-Royal avaient une autre attitude. Quand on se rappelle les discussions profondes de Fénelon et de Bossuet sur les délicates questions de l'amour pur et désintéressé, de la contemplation, de l'oraison passive, on peut s'étonner de cette direction si simple. Ce n'est peutêtre qu'une erreur d'optique; cette liberté d'esprit, cette paix du cœur, ces joies où nous convie Fénelon peuvent nous montrer une religion facile en apparence, mais est-il si aisé de renoncer à son esprit, de mourir à soi-même, de supporter sans se plaindre toutes les croix? « ...Souvenez-vous que c'est le goût de votre esprit, que vous avouez que vous avez le plus de peine à sacrifier pour le soumettre à la grâce; c'est le point essentiel pour vous. Communiez, obéissez, renoncez à l'esprit '. »
Fénelon d'un côté n'ignorait pas que, dans le monde et dans les cloîtres, il est des âmes ardentes