LE MORALISTE T
de la vie, le néant et le mensonge de tout ce qui n'est pas Dieu : le néant, parce qu'il y a un vide infini dans tout ce qui n'est pas le bien inSni et Tunique bien : de plus, on y trouve le mensonge- La créature promet beaucoup, et elle ment. Le néant paraît quelque chose; mais il n'est rien qu'un néant menteur. Que ne fait-il point espérer! mais, dans le fond^ que donne-t-il ? Vanité et affliction d'esprit de toutes parts sous le soleil, mais surtout dans les plus hautes places. Le néant n'y est pas moins néant qu'ailleurs; car il est également rien partout : mais il y est plus menteur. C'est une décoration qui n'est pas moins creuse, mais qui est plus ornée; elle allume les espérances, elle irrite les désirs, mais elle ne remplit jamais le cœur. Ce qui est vide soi-même ne saurait rien remplir. Ces créatures, faibles et malheureuses, qui sont les divinités de la terre, ne peuvent donner la force et le bonheur qu'elles n'ont pas. Va-t-on puiser de l'eau dans une fontaine tarie? Non, sans doute. Pourquoi donc vouloir aller puiser la paix et la joie chez ces grands qu'on voit soupirer, qui mendient eux-mêmes de l'amusement, et que l'ennui vient dévorer au milieu de tous les appareils de plaisir?... Mettons nos espérances plus haut, et dans un lieu plus inaccessible aux accidents de cette vie^. »
C'est une philosophie saine, une psychologie raisonnable que l'on rencontre à chaque page; c'est à peine si on relèverait cinq ou six exemples de subti-