‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 10 sur 250 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

le bon sens est court et la pratique ne mérite pas le nom d'expérience ; un ancien auteur l'appelle une vieille habitude d'erreur.

Après l'étude de la science morale et de la spiritualité, le directeur s'appliquera à connaître le tempérament des âmes qui s'adressent à lui : « Le bon pasteur connaît ses brebis. »

11 connaît leurs pensées, leurs goûts, leurs desseins, leurs secrètes aspirations ; il connaît les sources vives de leur vie morale, leurs peines, leurs difficultés, leurs espérances, leurs craintes. Il sait quelles formes du mal sont plus répandues parmi elles et quelles sont les causes de leur faiblesse. Sa connaissance ne se borne pas à des catégories : « il appelle ses brebis par leur nom » ; il connaît chacune d'elles en particulier. Comment pourrait-il, sans cela, approprier les remèdes aux maladies." donner le lait aux enfants, le vin aux vieillards ?

C'est au directeur savant et expérimenté que s'appliquent les paroles du Sage : » L'or et les perles sont des choses précieuses ; plus précieuse encore est la parole de l'homme savant (i). »

La piété, cette inclination du cœur vers Dieu qui nous le fait aimer comme notre père, et qui suppose la mortification des sens et l'esprit d'oraison, la piété est nécessaire au directeur. Comment conduire les âmes dans des voies que nous ne connaissons pas ? Comment parler le langage de l'amour, si nous ne connaissons que celui de la crainte ? Outre que le directeur, dépourvu de piété, s'expose à de grands dangers sur lesquels nous n'insisterons pas, tant ils sont évidents, il est souvent la cause de la ruine des âmes qui lui sont confiées. Sans l'esprit de piété, on n'a pas l'intelligence des attraits, des besoins, des désirs qui tourmentent les âmes : dès lors comment les diriger ? Elles languissent comme les plantes privées de rosée.

Le directeur pieux ne manquera pas de zèle pour conduire

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