Prov., XX
XXII FENELON DIRECTEUR DE CONSCIEXCE
les âmes à la perfection ; il les entraînera par ses exhortations et par ses conseils ; il les aidera de ses prières. « La piété est utile à tout : elle a les promesses de la vie présente et de la vie future (i). »
Le zèle est le résultat de la piété. Qui aime Dieu veut sa gloire, et la gloire de Dieu, c'est la perfection des âmes. Mais que ce zèle soit pur, éclairé, patient. Il faut aimer les âmes, non pour jouir d'elles, mais pour les conduire à Dieu. L'égoïsme se retrouve partout, et tel directeur, qui s'afflige d'avoir perdu une pénitente, qui accorde des préférences à certaines personnes, n'est pas éloigné de rechercher plutôt son plaisir que le bon vouloir de Dieu. Ce zèle doit être éclairé. Il peut se trouver des directeurs qui, méconnaissant les forces de l'âme humaine, exagèrent les conseils de l'Eglise et de l'Évangile. L'esprit humain, enserré dans des étroites limites, désespérant d'arriver à une perfection impossible, se retire triste et découragé. Rappelezvous que l'âme humaine, si belle dans ses aspirations, reste attachée au corps dont elle ressent toutes les bassesses. Seraitce d'un zèle éclairé de conseiller les mêmes pratiques de dévotion aux prêtres et aux soldats, aux enfants et aux hommes, aux pécheurs repentants et aux âmes dégagées des liens du péché ? Il faut user de patience, savoir écouter, sans s'étonner ni s'irriter, les confidences les plus pénibles et les plus fatigantes. Sans doute, tout ce qui nous touche prend des proportions inattendues. Personne n'a souffert comme celui-ci, personne n'a ressenti les tentations de celui-là. Xe vous hâtez pas cependant de conclure ; qu'importe même l'exagération d'une sensibilité maladive ; cette femme souffre et toute douleur est pitoyable. « Coups de poignards ou coups d'épingle, qu'importe, si on en meurt. » Le directeur doit à ces âmes désolées une parole de consolation, un baume bienfaisant ; elles attendent et elles espèrent un rayon d'espérance.