Sumvia theologica, 2' 2'% quaest. c , iv, art. i, ad i
2. Les Caractères, ch. iv (Ed. Hémardinquer, Delagrave), p. qj.
jouirais de la tranquillité de celui qui est gouverné par la
raison. »
Les responsabilités du directeur de conscience sont si grandes que personne n'osera s'immiscer dans la conduite des âmes sans les qualités nécessaires. L'âme de son côté veillera bien à ne se confier qu'à un homme digne de ce sacré ministère. « L'âme qui désire marcher en avant, sans risque de jamais revenir en arrière, doit bien examiner en quelles mains elle se remet ; car on a bien raison de dire : tel maître, tel disciple, et tel père, tel fils. Les inclinations du maître et ses affections s'impriment dans l'âme du disciple (i). »
ï Choisissez un confesseur entre mille, dit Avila, et moi je vous dis entre dix mille : car il s'en trouve moins que l'on ne saurait dire qui soient capables de cet office {2). » Ces paroles de saint François de vSales devraient faire réfléchir les imprudents qui croient que la bonne volonté suffit pour conduire les autres.
Les moralistes chrétiens sont tous d'accord pour exiger du directeur la science, la piété et la prudence. Sans la science, il n'y a point de sécurité dans la doctrine et dans les décisions ; sans piété, il n'y a ni zèle ni intelligence des choses divines ; sans prudence, on n'aura ni conseil ni mesure.
Si l'on ne connaît pas la doctrine chrétienne et les règles de la spiritualité, il est impossible de conduire les âmes dans les voies de la perfection. Dieu garde mes religieuses, disait sainte Thérèse, « de se conduire en tout par un confesseur ignorant, quoiqu'il leur paraisse spirituel et qu'il le soit en effet. La science sert extrêmement pour donner lumière en toutes choses et il n'est pas impossible de rencontrer des personnes qui soient tout ensemble et savantes et spirituelles (3). » Le bon sens et la pratique ne suffisent pas ; sans la doctrine,
1. Saint Jean de la Croix, Maximes et avis spirituels^ n. i8(), io<).