‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 108 sur 250 · Œ. C, VII, p · texte numérisé non relu

Œ. C, VII, p

l'épanouissement et l'équilibre des facultés données à l'homme, en même temps que la beauté du corps, pétri par Dieu au dernier jour de la création.

Fénelon réconcilie la dévotion avec le monde. Quand le Christ envoya ses Apôtres par toute la terre avec la noble mission de convertir les hommes au culte de Dieu, en esprit et en vérité. Il les avertit qu'ils seraient persécutés, traînés devant les tribunaux et condamnés à mort. Le serviteur n'est pas plus grand que le maître. La prophétie s'est accomplie et la longue liste des martyrs a scellé la victoire de Jésus. Les persécutions n'ont pas cessé ; tantôt sourdes et tantôt violentes, elles ont témoigné que le monde ne désarmait pas. La cité du Bien marche et vit avec la cité du Mal. Quand nous parlons du monde, nous ne comprenons pas la collectivité humaine ; à Dieu ne plaise que nous appliquions à tous les hommes l'anathème que le Christ a jeté un jour. Le monde que Jésus a maudit, c'est l'ensemble des gens pervers, jouisseurs, ennemis des choses saintes que le XVII^ siècle appelait esprits forts et libertins. Il est heureusement sur la terre des âmes vaillantes, des coeurs purs, des amis de Dieu. L'Evangile n'a pas recommandé de s'enfermer dans les cloîtres, pour mieux faire son salut. S'il faut fuir les méchants et leurs mauvais conseils, il est toujours possible de vivre au milieu du monde et d'aimer Dieu. Les Apôtres ont vécu au milieu de leurs concitoyens. Les premiers chrétiens faisaient l'admiration des peuples ; voyez comme ils s'aiment, disaient les païens étonnés. Si plus tard, quand les empereurs craignirent pour leurs idoles et que les palais des Césars entendirent en tremblant les prières des chrétiens ; si plus tard, dans la nuit du moyen âge, quand la Papauté, impuissante à dominer

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