‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 113 sur 250 · Œ. C, VIII, p · texte numérisé non relu

Œ. C, VIII, p

4. Il n'oublia pas cependant le XXXIV article d'Issy : « Au surplus il est certain que les commençants et les parfaits doivent être conduits, chacun selon sa voie, par 'des règles différentes et que les derniers entendent plus hautement et plus à fond les vérités chrétiennes. »

qu'il puisse y avoir dans ces dons, le détachement de ces dons est encore plus excellent qu'eux (i)... Si on ne se sauvait que par de grandes actions, il y aurait peu de personnes qui pussent espérer de se sauver* Le salut est attaché à la volonté de Dieu que nous accomplissons. Les plus petites choses deviennent grandes, quand Dieu les demande de nous (2 ). »

La dévotion vraie et solide ne recherche pas des pénitences nouvelles ; elle accepte le poids de chaque jour avec un cœur content. Il y a quelque âpre volupté dans ces privations que l'on s'impose. Je ne parle pas de cette volupté de la souffrance, raffinement d'une sensibilité maladive, ignorée des âmes saines et fortes ; mais il y a celle de se sentir maître de sa machine. Il y a celle aussi de s'être mis par ces privations volontaires en état de ne plus craindre les autres. Cependant le chemin est glissant, et le directeur ne peut permettre qu'avec une extrême réserve cette conduite personnelle.

Le chrétien n'est pas un héros. L'orgueil est proche de ces plaisirs particuliers, quand le découragement ne vient pas arrêter ces efforts surhumains. La vie est un combat perpétuel : « A'^ous voudriez, dites-vous, des croix pour expier vos péchés et pour témoigner votre amour à Dieu. Contentez-vous des croix présentes ; avant que d'en chercher d'autres, portez bien celles-là... n'écoutez ni vos goûts, ni vos répugnances (3)... La plus rigoureuse de toutes les pénitences est de faire, en chaque jour et en chatjuc heure, la volonté de Dieu plutôt cjue la sienne, malgré ses répugnances, ses dégoûts, ses lassitudes (4). »

Quicont^ue arrive à connaître Dieu et à l'aimer, n'a rien à désirer, rien à regretter. Il a reçu le don suprême cjui doit faire oublier tout le reste. Il l'enlève aux frivo-

1. (!•:. C, VIII, p. 447. - 2. Ihid., VIII, p. (.()(.. — 3. Ibid., p. 55S. — 4. Ibid., p. 477.

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