Luc, xvii
réussi à donner une philosophie de la perfection. Nous ne parlerons pas du système de Bossuet ; corriger une passion mauvaise par une passion légitime, c'est reculer l'explication.
Les considérations abstraites n'ont aucune efficacité ; il n'y a pas deux morales, une pour les savants et une pour le peuple. Les moyens pour être vertueux doivent être les mêmes pour tous. Or l'énergie des idées est en raison inverse de leur degré d'abstraction. Les considérations philosophiques sur le luxe n'ont eu et n'auront toujours qu'une influence médiocre sur la réforme des mœurs. Tout ce qui est purement rationnel reste dans la pensée pure, sans aspirer à en sortir pour la pratique. Au contraire, les idées vivantes ont l'efficacité la plus étendue. Fénelon, à la suite de saint François de Sales (i), met devant l'esprit et dans le cœur de ses fidèles. Dieu, le Christ, la vie divine qui nous attend, l'immortalité.
Comment l'âme* va-t-elle se nourrir de ces idées actives? Il n'y a (ju'un moyen : L'Oraison.
La prière est une élévation de notre àme vers Dieu ; vocale ou mentale, selon qu'elle est exprimée par des paroles ou qu'elle consiste dans de simples mouvements du cœur. Cette dernière s'appelle Oraison. Nous ne parlerons pas de la prière vocale, Fénelon en connaissait les bons effets : soutenir l'attention et exciter la dévotion. Il savait, lui, prêtre, l'homme de la prière publique, que la créature doit tout au Créateur, corps et âme, et que, dans la prière vocale, l'homme