I. Introduction à la vie dévote, livre 1, cli. ix à xviii
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tout entier s'incline devant Dieu ; il savait que s'il n'est pas de précepte formel imposant de prier vocalement(i), la plupart des hommes ne connaissent et ne pratiquent que cette forme de prière, et qu'elle suffit absolument à la perfection commune {2). Fénelon dirigea des personnes, pour la plupart détachées du péché et avides de la perfection, des femmes d'un esprit supérieur, des hommes d'une culture élevée, des âmes enfin capables et dignes de comprendre et de pratiquer les conseils évangéliciues. Aussi rencontre-t-on, dans les Lettres spirituelles plus spécialement, des avis sur l'oraison. Héritier delà doctrine mystique la plus pure, élève des auteurs ascétiques les plus autorisés, Fénelon considère l'oraison comme indispensable à la haute perfection (3).
L'oraison consiste dans l'application de l'esprit à une vérité pour exciter les affections et les résolutions par lesquelles l'àme monte vers Dieu, lui rend ses devoirs, implore son secours et s'attache à son service. Elle comprend deux opérations, la méditation et l'oraison proprement dite ; la première appartient à l'esprit et consiste à considérer une vérité et à s'en convaincre jusqu'à émouvoir le cœur et ébranler la volonté ; la seconde relève de l'activité intérieure et nous fait désirer, aimer, demander le bien proposé par l'esprit. La méditation religieuse n'est pas une application purement spéculative, une simple étude; c'est une considération qui embrase le cœur. En un mot, la méditation provoque l'amour, et comme on ne médite que pour aimer, l'amour devient le principe et le terme de la méditation (4).