Œ. C, VIII, p
lumière de paix s'était répandue dans son cœur. » Quand Dieu nourrit au dedans, on n'a pas besoin de la nourriture extérieure... Demeurez donc en silence et en amour auprès de lui. Occupez-vous de tout ce que l'attrait de la grâce vous présentera dans l'oraison, pour suppléer à ce qui vous manque du côté de la lecture ( I ) . »
L'esprit est-il assez fertile pour trouver les idées qui préparent le cœur à l'amour de Dieu ? Le livre est inutile. Méditez pour aimer Dieu, c'est là toute l'oraison ; parce que l'amour vient après la connaissance, il faut auparavant éclairer l'esprit avant d'atteindre la volonté. Quand on a posé les fondements d'une entière conversion de cœur, d'une exacte pénitence et d'une sérieuse méditation de toutes les vérités du christianisme, on s'accoutume peu à peu à toutes ces vérités, si bien qu'à la fin, on les envisage d'une vue simple et fixe, « sans avoir besoin de recommencer toujours à se convaincre de chacune en particulier... ce n'est plus l'esprit qui raisonne et qui cherche ; c'est la volonté qui aime et qui se plonge dans le bien infini (2) ! »
Fénelon considère la méditation comme le premier pas dans l'amour de Dieu. Connaître Dieu, c'est déjà l'aimer. « La méditation ordinaire est votre partage, trop heureux que Dieu vous y admette < 3) ! » Le grand directeur sait les fruits de cet exercice et revient souvent aux mêmes conseils : « Pensez à vos sujets de méditation d'une manière simple et aisée, laissez-vous aller doucement aux vérités qui vous touchent et que vous sentez qui nourrissent votre cœur... donnez à chaque vérité le temps de jeter une profonde racine dans le cœur; car il n'est pas seulement question de savoir, l'essentiel est d'aimer; digérez donc à loisir