‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 136 sur 250 · I. (i:, ( ., VIII, I). 458. — 2. Thid., p. 510. — ,;. Tbid · texte numérisé non relu

I. (i:, ( ., VIII, I). 458. — 2. Thid., p. 510. — ,;. Tbid

PÉDAGOGIi: Dli LA OÉVOTIO.V 205

chaque vérité, si vous voulez en tirer tout le suc pour vous en bien nourrir (i i... »

On peut s'apercevoir que le directeur ne s'arrêtera pas là; si le but de l'oraison est l'amour, si la méditation n'est qu'un moyen pour y arriver, combien serait-il plus consolant si le cœur pouvait se mettre à aimer, dès son élévation à Dieu. Il ne faut pas vouloir entrer dans la Terre promise avant de marcher au désert... « C'est une des plus grandes règles de la vie spirituelle de se renfermer dans le moment présent, sans regarder plus loin... il n'est point question d'aller vite; il est question de bien aller '2i... » Cependant l'on ne peut s'empêcher de désirer ces muets entretiens que nous promet Fénelon, ineffables colloques de l'amour. « Que vous serez heureux, si vous apprenez ce que c'est que l'occupation de l'amour! Il ne faut point demander ce qu'on fait avec Dieu quand on l'aime. On n'a point de peine à s'entretenir avec son ami, on a toujours à lui ouvrir son cœur, on ne cherche jamais ce qu'on lui dira, mais on le dit sans réflexions ; on ne peut lui rien réserver ; quand même on n'aurait rien à lui dire, on est content d'être avec lui. O que l'amour est bien plus propre à soutenir que la crainte (3 !... »

L'électeur de Cologne, nommé évêque, écrivit à l'archevêque de Cambrai pour en recevoir des conseils. La réponse est admirable de dignité, de prudence et de discrétion. Après quelques considérations élevées sur la dignité épiscopale : « Il faut que chacun n'ait qu'à vous voir pour savoir comment il faut faire pour servir Dieu; il faut que vous soyez une loi vivante », le conseiller continue ses avis et termine par l'affaire importante : « Il n'y a que la seule oraison c]ui puisse former un vé-

I. Œ. C, VIII, p. 510. - ::. Ibid., p. 511. — 3. Ibid., p. 465.

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ritable évêque. » Comme jadis François de Sales enseignait la manière de prêcher, dans une lettre remarquable au jeune André Frémiot, nommé archevêque de Bourges, ainsi Fénelon écrivait à l'électeur de Cologne les moyens de répondre dignement au choix du Pape. « L'oraison n'est qu'amour; l'amour dit tout à Dieu; car on n'a à parler au bien-aimé que pour lui dire qu'on l'aime et qu'on veut l'aimer... L'oraison bien faite, quoique courte, se répandrait peu à peu sur toutes les actions de la journée ; elle donnerait une présence intime de Dieu, qui renouvellerait les forces en chaque occasion ; elle réglerait le dehors et le dedans , on n'agirait que par l'esprit de grâce, on ne suivrait ni les promptitudes du tempérament, ni les empressements, ni les dépits de l'amour-propre ; on ne serait ni hautain ni dur dans sa fermeté... on ferait à peu près les mêmes choses qu'on fait, mais on les ferait beaucoup mieux, avec la consolation de les faire pour Dieu et sans recherche de son propre goût (i). » Cette union du cœur à Dieu apporte des charmes infinis que ne comprennent pas ceux qui ne les ont pas goûtés quelquefois. Précieuses consolations pour les humaines faiblesses !

Ces suavités ne sont point sans péril et les auteurs ascétiques (2) nous expliquent clairement que la vertu solide et constante est indépendante de ces impressions.

La nature, toujours avide de jouissance, les savoure à l'excès et oublie facilement le Dieu des consolations pour le plaisir qu'elles donnent : d'un moyen, elle fait une fin.

Quand les douceurs disparaissent, on croit souvent que tout est perdu, et l'on ressent jusqu'au dégoût les amertumes du combat.

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