i:. ( ., \iii, p
2. C ardinal Bona, De Discr. spir., c. i ;, n. 2. — Richard de Saint- Victor, in Cant., c. 33.
PliDAGOGIE DE LA UlvVOTION J07
Tant qu'elles durent, on se persuade aisément que c'est l'essentiel de la vertu et de la dévotion ; de là une vaine complaisance en soi-même, à cause des caresses dont on croit être l'objet de la part de Dieu, et surtout la suspension de la marche, comme si l'on était au terme, tandis que ces consolations ont pour but d'accélérer le mouvement.
c< On s'enivre d'une vaine consolation, lorsqu'on est soutenu par un goût sensible; on s'imagine être déjà ravi au troisième ciel, et on ne fait rien de solide; mais quand on est dans la foi sèche et nue, alors on se décourage, on croit que tout est perdu (i), » Voilà bien les deux dangers énoncés en peu de mots. Quels sont les remèdes ? Ce sont des explications de ces états d'àme. Les comparaisons ne manqueront pas. Fénelon rend tout sensible. Sa doctrine n'est pas nouvelle, et ce n'est pas ici que l'on pourrait trouver ce sens propre tant reproché à l'archevêque de Cambrai. La tradition ascétique est tout entière dans ces pages (2), le nouveau directeur a transformé les arides conseils des anciens et leur a donné la vie et la couleur.
« Laissez à Dieu le choix, tantôt de vous faire sentir, pour soutenir votre faiblesse et votre enfance dans la vie de la grâce ; tantôt de vous sevrer de ce sentiment si doux et si consolant qui est le lait des petits, pour vous humilier, pour vous faire croître... Ne voudriezvous aimer Dieu qu'autant qu'il vous fera goûter du plaisir en l'aimant? Ce serait cet attendrissement et ce plaisir que vous aimeriez, croyant aimer Dieu (3)... Il est bon d'éprouver sa faiblesse et d'apprendre par expérience