‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 140 sur 250 · PEDAGOGIE DE LA DEVOTION · texte numérisé non relu

PEDAGOGIE DE LA DEVOTION

vouloir, n'est pas toujours accompagnée de l'autre délectation prévenante et indélibérée qui est sensible. La première peut être très réelle et ne donner aucun goût consolant. C'est ainsi que les âmes les plus rigoureusement éprouvées peuvent conserver la délectation de pure volonté, c'est-à-dire, le vouloir ou l'amour tout nu, dans une oraison très sèche, sans conserver le goût et le plaisir de faire oraison : autrement, il faudrait dire qu'on ne se perfectionne dans les voies de Dieu, qu'autant qu'on sent augmenter le plaisir des vertus, et que toutes les âmes privées du plaisir sensible, par les épreuves, ont perdu l'amour de Dieu et sont dans l'illusion. Ce serait renverser toute la conduite des âmes et réduire toute la piété au plaisir de l'imagination (i). » L'oraison renouvelée chaque jour finit par donner à l'àme un besoin immense de l'objet qu'elle voulait aimer. Dieu devient la vie même de l'àme qui se transfigure et n'est plus qu'un avec Lui.

La pratique donne à l'àme une habitude de la vertu. Fénelon ne conseille pas les hautes vertus. L'àme, tout éprise de Dieu, est prête à tout souffrir; le martyre même lui semble une joie, « mourir ou souffrir, tels doivent être nos désirs (2) ». Mais, en ce

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