‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 141 sur 250 · Œ. C, VIII, p · texte numérisé non relu

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2. Sainte Thérèse, Lci^re à une Carmélite. — Cf. Lettres de sainte Thérèse, par le R. V. Grégoire de Saint-Joseph, 3 vol. in-8°. Poussielg-ue igtw. — La Sainte n'a dit nulle part : « Ou souffrir ou mourir », comme on l'a traduit à tort. Cette sentence « mourir ou souffrir », qui se trouve dans plusieurs endroits de la séraphique Mère, exprime toujours premièrement le désir de mourir. — Cette transposition ne réhabilitera ])as probablement la maxime aux yeux des gens du monde, mais enfin la différence n'est pas nulle. « Ou soultrir ou mourir • paraît vouloir poser la souffrance en chose désirable par elle-même et tellement précieuse en soi, que la vie ne vaut plus rien sans elle. En réa-

monde, les actions héroïques sont rares, et, outre ce sentiment fier de soi-même qu'il n'est pas toujours bon d'exciter, il vaut mieux apprendre aux âmes à supporter les misères de la vie quotidienne. Puisque les petits ennuis -de la vie sont fréquents, ils nous sont un des moyens les plus faciles pour notre amendement. L'entraînement, l'exaltation ne sont ici d'aucun secours pour la volonté ; il faut une attention continue.

C'est peu de chose, dira-t-on, que de rester calme devant l'importun, d'être poli avec celui qui vous cause de l'ennui, de conserver toujours sa bonne humeur ; que de courage ! que de patience , que d'énergie ! Là on ne craint pas l'orgueil : il n'y a, dans cette culture du bien, rien qui puisse flatter. Devant de si petits ennemis, les victoires sont gagnées avec tant de peine qu'on ne peut avoir une grande idée de son courage.

Les efforts ne disparaissent pas par l'habitude, mais la volonté grandit. L'athlète n'espérait pas vaincre sans déployer ses forces, sans lutter, mais, par des exercices répétés, il fortifiait ses muscles et préparait les victoires de l'arène.

Cette mécanique de la perfection n'est pas spéciale à la formation religieuse. Quel philosophe, quel sage ne cherche pas à conformer sa vie à des principes directeurs ? Que fait-il pour détruire la nature primitive ? par l'examen de conscience, par la réflexion et par la pratique, les principes entrent dans le cœur et changent la nature.

« Cette méthode, appliquée au sentiment religieux, fécondée par la croyance que la grâce en mûrit les fruits, cette méthode donne à la foi toute la force de

lité, ce que sainte Thérèse demandait ; c'était ou la mort, c'est-à-dire, à ses yeux, remarquons-le bien, la délivrance dcfmitive, la joie parfaite, le bonheur sans tin et sans péril, ou alors, une vie qui méritât cette récompense et qui la méritât par l'épreuve.

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