‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 15 sur 250 · Caro, Nouvelles études -inoyales, p · texte numérisé non relu

Caro, Nouvelles études -inoyales, p

particulières de l'âme bien-aimée..., on trouve des développements habiles sur un sujet donné, des avis qui s'appliquent à tout le monde. Sénèque a peut-être pressenti cette amitié particulière pour une âme qui est le principe de la direction spirituelle. A coup sûr, il n'en a pas eu les pressantes tendresses ni l'actif dévouement. »

Si l'on ne veut pas compter Sénèque parmi les ancêtres de Fénelon, nous en trouvons un à quelques années de là.

Tandis que le peuple romain agonisait et se livrait sans lutte aux barbares, miné par toutes les maladies morales, filles du luxe et de la philosophie, Jérôme s'arracha aux plaisirs de la Rome païenne et se retira au désert de Chalcis, encore tout brisé des luttes de son âme. Impuissant à grandir seul dans l'amour de Dieu, il chercha un appui. « Mon esprit était enflammé de pensées mauvaises. Pour venir à bout de le dompter, je me suis mis à l'école d'un certain moine qui de juif s'était fait chrétien (i). *

Il se mit bientôt à diriger lui aussi. A, Rome, où il revint après sa retraite de Chalcis, il vit, dans le désordre de la ville expirante, des servantes du Christ. Dans un palais de l'Avcntiu. se réunissaient des femmes éprises de l'idéal évangélique, opposant aux mœurs frivoles de trop de chrétiens le courageux exemple de leur vertu. C'était la maîtresse du logis, Marcella, qui, une seule fois épouse, voua à Dieu et aux œuvres de charité son irrévocable veuvage, et parmi les autres, trois femmes particulièrement chères à Jérôme, Paula et ses deux filles, Blesilla et Eustochium. La littérature épistolaire n'a pas de morceaux plus tendres, plus pieux, plus saintement forts que les lettres à ces femmes.

Blesilla mourut à la fleur de l'âge : « Je confesse ma douleur, écrit Jérôme à Paula, la page que j'écris est mouillée de mes larmes. Quoi donc ! Jésus n'a-t-il pas pleuré Lazare parce qu'il l'aimait?... j'en atteste, ô Paula, ce Jésus que suit Blé-

Page 1