I. Ep. cxxv, ad RnslicuDi mouacutn
INTRODUCTION XXVH
silla... je souffre des mêmes douleurs qui te déchirent : elle était ma fille par l'âme (i). »
A la vérité, saint Jérôme, si aimant qu'il nous rappelle Fénelon, est un directeur sévère; il n'aime pas les demimesures. Rome est un centre de débauches, de crimes, d'hy- [)ocrisic; il persuade à ces pauvres femmes de fuir. Elles partent : elles vont là-bas dans la solitude où d'autres vont les suivre. Léta, épouse de Toxotius, fils de Paula, a une fille, Paula, comme son aïeule. La mère demande des conseils pour élever son enfant. Jérôme lui répond par une lettre qu'on peut appeler un traité de l'Education des filles ^ si l'on n'oublie pas qu'il s'agit d'une Romaine du v'' siècle et d'une enfant que les vœux les plus ardents appelaient à la vie religieuse (2).
Jérôme ne sèvre pas la petite Paula des tendresses domestiques; « qu'elle comble son père de caresses, qu'elle soit chérie de tout le monde. » Il la soumet de bonne heure à une discipline sévère, il entre dans les plus petits détails; rien n'est petit en éducation. Que Paula soit élevée sans luxe, comme sans excès d'austérités, il reste un grand chemin à parcourir et il ne faut pas rester au milieu de la route. Il nous semble entendre Fénelon; il y a des avis que les mères devraient bien encore méditer, comme celui-ci, de ne jamais laisser leurs enfants avec les bonnes et les serviteurs, de les mener avec elles où elles vont.
Certaine école a trouvé que, pour fortifier l'âme, il valait mieux ne pas fuir les dangers qui deviennent une garantie de la vertu, si l'on n'y succombe pas. « Quelques-uns, dit Jérôme, croient qu'il y a plus de vertu à vaincre un objet dont la vue a fait naître un désir ; mais je suis persuadé qu'il y a plus de prudence à ne le point connaître ; car on quitte difficilement une habitude qu'on a laissé vieillir. >
Léta ne peut pas élever sa fille dans un milieu tel que Rome, Jérôme n'hésite pas à demander cette enfant à sa