‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 150 sur 250 · I. Œ. C, \'l, p. 75. — Même avis · texte numérisé non relu

I. Œ. C, \'l, p. 75. — Même avis

chrétiens, Fénelon devient ainsi le directeur de toutes les âmes qui se confient en lui.

Continuons à suivre Mme de Maintenon à Versailles. Les chaînes de la Cour sont des chaînes d'or qui ne sont pas moins dures que les chaînes de fer; en les acceptant, on les changera en bonheur et en liberté.

Heureux ceux que Dieu arrache à leur propre volonté pour les attacher à la sienne ! « On voudrait être libre pour penser à Dieu : mais on s'unit bien mieux à lui en sa volonté crucifiante qu'en se consolant par des pensées douces et affectueuses de ses bontés. On voudrait être à soi pour être plus à Dieu »; mais « rien n'est moins propre pour être à Dieu que de vouloir être encore à soi. Ce moi du vieil homme, dans lequel on veut rentrer pour s'unir à Dieu, est mille fois plus loin de lui que la bag-atelle la plus ridicule ; car il 3" a dans ce ;//(?/ un venin subtil qui n'est point dans les amusements de l'enfance (i)... La Providence sait nous mettre à toutes sortes d'épreuves dans tous les états. Il ne nous faut point déchoir de cette grandeur, et sans des chutes et des calamités on peut avaler le calice d'amertume, on l'avale jusqu'à la lie la plus amère dans les coupes d'or qui sont servies à la table des rois (2). » Ce ne sont pas là les grands accents, les larges coups d'aile de Bossuet ; avec moins d'éclat et de tonnerre, il est aussi éloquent et aussi pénétrant.

Mme de Maintenon aimait à se retirer à Saint-Cyr, pour se reposer de la Cour. Fénelon ne peut qu'encourager cet amour de la retraite, mais il ne veut pas que ce séjour soit oisiveté. « Quand vous êtes à Saint-Cyr, vous devez reposer votre corps, soulager votre esprit et le recueillir devant Dieu... Vous êtes si assujétie, si affligée et si fatiguée à Versailles, que vous avez grand besoin

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