MADAME DR MAINTENON 22C
d'une solitude libre et nourrissante pour l'intérieur à Saint-Cyr. Je ne voudrais pourtant pas que vous y manquassiez aux besoins pressants de la maison . » Point de mortifications excessives : « J'aime mieux que vous souffriez moins, et que vous aimiez davantag-e. Cherchez à l'église une posture cjui n'incommode point votre délicate santé, et qui ne vous empêche point d'être recueillie... Rien n'est plus faux et plus indiscret que de vouloir choisir toujours ce qui nous mortifie en toutes choses... Je vous supplie instamment de demeurer en paix dans cette conduite droite et simple... Soyez libre, gaie, simple, enfant ; mais enfant hardi, ipi ne craint rien, qui dit tout ingénument, qui se laisse mener, qu'on porte dans les bras... mais qui a une liberté et une hardiesse interdite aux grandes personnes (i). » Il faut voir les misères, mais sans se décourag-er : « Il faut laisser la tentation gronder autour de nous et ne cesser point de marcher, comme un voyageur, surpris par un g-rand vent dans une campagne, s'enveloppe dans son manteau, et va toujours malgré le mauvais temps. Pour le passé, quand on a satisfait un sage confesseur qui défend d'y rentrer, il ne reste plus qu'à jeter toutes ses iniquités dans l'abîme des miséricordes (2). »
Nous croyons avoir assez dit pour donner l'idée aux critiques de mieux connaître Fénelon avant de le juger ; c'est un principe élémentaire trop souvent méconnu.
Nous ne pouvons terminer ce chapitre sans parler du portrait que Mme de Maintenon demanda à Fénelon d'elle-même. Voulant peut-être éprouver la sincérité de ce fameux directeur, en exigeant un service toujours délicat à demander, toujours difficile à rendre, elle le pria de lui exposer par écrit les défauts