‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 157 sur 250 · I. Saint-Simon, 1, p. 349. — 2. ibid., II, p · texte numérisé non relu

I. Saint-Simon, 1, p. 349. — 2. ibid., II, p

fatiguer... Dites-lui les vérités qu'on voudra que vous lui disiez, mais dites-les lui courtement, doucement, avec respect et tendresse... s'il faisait quelques grandes fautes, qu'il sente d'abord en vous un cœur ouvert comme un port dans le naufrage.»

On voit quelle confiance existait entre les deux amis.

Nous ne possédons que peu de lettres de Fénelon à Beauvilliers et encore moins du duc à l'archevêque (i) ; nous le regrettons, si elles existent, elles doivent être curieuses, car le bon duc était l'ami préféré du prélat. Celles que nous avons se partagent en conseils pour le duc de Bourgogne et en avis pieux pour la conduite particulière du grand seigneur.

Nous avons vu, parles extraits de Saint-Simon, que le duc de Beauvilliers était porté à la tristesse; son air c< concentré » frappait tout le monde. Le pieux directeur revient souvent sur cette disposition : « Je vous conjure de ménager votre faible santé. Il vous faut du repos d'esprit et de la gaîté, avec de l'air et de l'exercice du corps (2). » Le bon duc, formé dès l'enfance à une piété angélique, que les années avaient fortifiée, ne savait pas toujours concilier le service de Dieu et l'amour divin avec les habitudes humaines et la liberté de l'esprit; il devenait inquiet; ignorant sans doute que le Christ demande la seule bonne volonté. « Dieu vous conserve et vous donne un cœur large par simplicité et

1. Cette correspondance doit exister quelque part; il n'est pas possible que Fénelon ait si peu écrit à celui qui restait auprès de ce cher petit prince, le duc de Bours^ogne. Les nombreuses lettres de Fénelon au duc de ('he\reuse et réciproquement nous portent à croire que le duc de Beauvilliers faisait, lui aussi, parvenir à Cambrai des nouvelles de Versailles. « Kn donnant ici à M. de Monvielle nu paquet de M. le duc de Beauvilliers pour vous • : le duc de Chevreuse commence ainsi une lettre. (F. C., \'1I, p. 288. — Les paquets secrets devaient arriver souvent.

Page 1