‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 158 sur 250 · Œ. C. Vil, p · texte numérisé non relu

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par abandon; cette largeur contribuera même à votre santé (i). » Savait-il garder la juste mesure dans sa conduite avec le duc de Bourgogne? Nous parlerons de cette délicate question dans le chapitre suivant. Accablé de cette lourde responsabilité de préparer à la France un roi et un père, laissé seul, après quelques années seulement, pour continuer l'œuvre, si merveilleusement commencée par Fénelon, n'usa-t-il pas d'un zèle trop vif pour la réforme des défauts, dans le désir ardent de voir l'enfant parfait? L'archevêque de Cambrai paraissait le savoir : « Ne gardez aucune autorité à contre- temps ; ne le gênez point; ne lui faites point de morales importunes : dites-lui simplement, courtement, et de la manière la plus douce, les vérités qu'il voudra savoir. Ne lui en dites jamais beaucoup à la fois, ne les dites que selon le besoin et l'ouverture de son cœur (2). » A force d'exigences, le duc de Beauvilliers n'avait-il pas brisé, dans le duc de Bourgogne, les ressorts de la volonté ? ne l'avait-il pas jeté dans une piété austère, étroite, formaliste ? Nous ne faisons que poser la question pour le moment. Fénelon n'avait pas des idées semblables sur la dévotion ; il écrivait ces paroles qui sont déjà une critique, ou pour parler plus sagement, une direction pour la conduite du duc de Bourgogne : « Si vous voulez appliquer les vertus par le dehors, vous ne faites qu'une symétrie gênante, qu'un arrangement superstitieux, qu'un amas d'œuvres légales et judaïques, qu'un ouvrage inanimé. C'est un sépulcre blanchi : le dehors est une décoration de marbre, où toutes les vertus sont en bas-relief; mais, au dedans, il n'y a que des ossements de morts. Le dedans est sans vie, tout y est squelette; tout y est desséché,

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